Les heures de la muse - Ii, 1902· Près de la souffrance
La solitude
Et tollens vacuum plus nimio Gloria verticem.HORACE.
Ne sois point vaniteux de l’ample citadelleOù tu claustres ton cœur, ton âme et ton esprit.Insensé ! Vois cette eau que la vasque surpritDans sa course féconde. Ah ! tu stagnes comme elle !
Ta mesquine fierté le convie et t’appelleLoin de l’arène obscure où la douleur barrit,Et tu vas dédaignant l’élite qui fleuritSous les regards de la Science maternelle.
Tu restes seul toujours et toujours à l’écartÉdifiant une œuvre où l’amour est sans part,O Fou, tu mets ta gloire à vivre loin des hommes.
Et fuyant la beauté de la Vie et l’effortPour oindre ton orgueil de cinname et d’amome :Tout vivant tu connais déjà la sombre mort.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources