Les heures de la muse - Ii, 1902· Le poème d’éros
Le mausolée
Pour Madame la Duchesse de Rohan.
O Passant, parle bas, pour que l’ombre légèreDe l’Amour qui parfois revient hanter ces lieuxEt dont le corps repose en ce tombeau pieux,Puisse tranquillement errer par la clairière.
Il en aimait la mousse et la rose bruyère, .Les pampres en festons autour des chênes vieux,L’étang calme où tombait l’azur voilé des cieuxEt ton langage frais, fontaine familière !
Il dort en ce sépulcre un suprême sommeilEnvironné de fleurs, d’oiseaux et de soleil.Vois ! Ses traits sont gravés au marbre de la stèle.
Reconnais son sourire et son front pâle et beauEt, pour jamais éteints par la mort éternelle,Auprès de l’arc brisé la torche et le flambeau.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources