Les heures de la muse - Ii, 1902· Les antiques· Hercule et Déjanire
I. Les rivaux
Au choc des glaives d’or qui bossellent les casquesL’écho de Calydon se réveille et frémit.Et sous l’énorme poids des cuirasses gémitLe sol comme un roseau pliant sous les bourrasques.
Les faces des guerriers ont des hideurs de masques.La main cherche la main et le bras s’affermitPour mieux fendre la chair qui s’ouvre et qui vomitUn sang noir qui ruisselle au long des jambes flasques.
La victoire sourit au fils de Jupiter.Il perce par trois fois d’un invincible ferLe rival qui renaît de ses métamorphoses.
Mais tout cède devant l’herculéen courroux.Déjanire sourit au vainqueur, à l’époux,Et le désir soulève et durcit ses seins roses.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources