Les jours reflétés, 1925· La nature
Crépuscule d’aurore
Une rose céleste aux pétales de flammeS’étend, s’épanouit, fleurit à l’Orient ;Et de son cœur percé d’une invisible lameS’écoule un sang, d’éther et d’azur s’imprégnant.
Le collier blanc des monts s’empourpre. Les nuéesAccrochent leur linon transparent aux sommets,Ou s’effilent soudain, par le vent remuées,En écharpe incarnat, au creux des vallons frais.
La lune montre, au sein du croissant incendieDe l’étendue, son arc aigu d’argent niellé.L’immense éruption du soleil irradie.Un lac flambe, mouvant miroir immaculé.
Le jour vole au-devant de la nuit qui reculeA l’horizon confus où l’ombre lutte encor…Et j’assiste, joyeux, à ton clair crépuscule,Belle aube, dans un ciel qui n’est qu’un foyer d’or.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jours reflétés, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1925· numérisation gallica.bnf.fr· Sources