Les jours reflétés, 1925· La nature
Le passe
La brume étend partout sa gaze diaphane.De confuses rumeurs s’élèvent çà et là.La Nature assoupie et fragile, se faneSur les bords des sentiers d’où l’Amour s’envola.
Les bouleaux élancés mettent leur tache claireParmi les châtaigniers, dans l’air silencieux.Sous ses dentelles d’eau l’heure est crépusculaire,Et l’aube, sans lueur, n’anime pas les cieux.
L’âme est comme un parterre où la mélancoliePromène ses langueurs et son rêve attristé,Au milieu des rameaux qu’abandonne la vieEt d’une amère et froide odeur d’humidité.
Et tous les souvenirs des jours enfuis, près d’elle,Ainsi que les oiseaux de l’arrière-saisonSur le seuil d’un logis, viennent battre de l’aileEt pleurer sans retour sur leur défleuraison.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jours reflétés, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1925· numérisation gallica.bnf.fr· Sources