Les jours reflétés, 1925· La vie· III L’amour
Silence
Silence, entoure-moi, protège-moi, Silence.Garde mon âme et mes pensers.Dresse comme un rempart immenseTa solitude autour de mes rêves blessés.
Garde mon âme enclose en ton beau sanctuaireComme un navire dans le port,Et pose sur ma vie austèreTon sceau mystérieux orné d’une aile d’or.
Défends-moi, défends-moi de la vie et des choses.Abrite-moi bien des humains.Place sur mes paupières closesLa douceur caressante et calme de tes mains ;
Et laisse-moi, Dieu bon, sous leur paisible étreinte,Glisser à l’éternel sommeil,Pour que mon cœur n’ait plus la crainteDe retrouver toujours sa souffrance au réveil.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jours reflétés, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1925· numérisation gallica.bnf.fr· Sources