Les Lauriers de l’Olympe, 1907· L’amour
Camée
M’è forza, s’io vo’ vivere, sempre amarti.MICHEL-Ange.
Je voudrais, dans l’or de mes strophes,Comme en l’intaille du métalOu dans la trame des étoffes,Fixer ce port impérial ;
Montrer, sous la courbe flexibleDe deux seins à peine rosésL’éclair de la hanche invincible,Si bien faite pour les baisers ;
Indiquer l’épaule charnueEncastrée au creux des coussins :Les roses de la jambe nueQu’effleure une gaze à dessins ;
Sur les oreillers de dentelle,Votre tête au profil nerveux ;Vos yeux, votre bouche si belleSous l’abondance des cheveux ;
Et le rythme de vos mains blanchesA votre nuque s’enlaçantComme deux délicates branchesSur un marbre vont s’unissant.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Lauriers de l’Olympe, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1907· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources