Les Lauriers de l’Olympe, 1907· La nature
Désir de la paix champêtre
Pour A. Galdemar.
au reste je demande
Un doux repos et ne veux plus qu’on tende
Comme un poignard les soucis sur mon front.RONSARD.
Voici vos flèches d’or, beau soleil ! J’ai besoinD’ombre, d’air pur et de silence.La Ville, ses rumeurs, ses trop futiles soinsMe lassent de leur violence.
Je veux les chants d’oiseaux dans l’oasis des boisEt le son d’argent des fontaines,Et, dans les soirs tombant sur de rustiques toits,La fumée à l’odeur de faines.
Oh ! me perdre en la mer des seigles et des blésTout éclaboussés d’or liquide,Et voir bondir, parmi les bluets étoilés,Sauterelle ou grillon rapide ;
Oublier les propos des hommes et leurs bruitsDe vain orgueil, de fausse gloire ;Être aussi pur que l’aube, aussi doux que les fruits,Et comme eux simple et sans mémoire ;
Et sous l’azur immense où l’été, de retour,Ouvre ses ailes de lumière,Laisser mon cœur fleurir et se pâmer d’amour,Ainsi qu’une rose trémière.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Lauriers de l’Olympe, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1907· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources