Les Lauriers de l’Olympe, 1907· Visions antiques
La fin des dieux
A L. Cubélier de Beynac.
… Je pressois
Mes pas dedans le trac des Nymphes et pensois
Que pour mettre mon pied en leur trace poudreuse
J’aurois incontinent l’âme plus généreuse.RONSARD.
Le zéphyr en passant m’a conté vos tristesses,Sylvains qui grelottez au tronc noueux des ifs,Et vous qui, fendant l’onde et frisant les récifs,Sirènes, couronnez d’algues vos blondes tresses.
Au cœur des grands halliers, Ægypans et Faunesses,Vous dites votre peine et vous suivez, pensifs,Sur le miroir du lac que rayent leurs esquifs,Les Naïades pleurant vos antiques liesses.
Car les temps ne sont plus où, pour plaire aux humains,Le long des golfes clairs, au val, dans les chemins,Vous alliez déroulant vos douces théories.
La Vie alors brillait dans toute sa beauté,Et les âmes n’étaient point encore assombriesPar des rêves de mort et de mysticité.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Lauriers de l’Olympe, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1907· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources