Les Lauriers de l’Olympe, 1907· L’amour
Le deuil
Lass alles unbereut.PAUL FLEMING.
Je dois cacher à tous ma tristesse et ma plainte,Puisque seuls, mes Amours,Vous savez qu’en dépit de cette gaîté feinteJe suis triste toujours.
Mon Dieu, quand l’esprit souffre et que l’âme est dolente,Pourquoi faut-il ainsiGarder un front serein pendant que la tourmenteVous tient à sa merci ?
Pourquoi faut-il, hélas ! voiler sous un sourireL’amertume d’aimerEt laisser sur son deuil, ses larmes, son martyre,Le cœur se refermer ?
C’est qu’on se sent tomber du haut de votre ivresse,O beaux jours révolus !Et qu’on craint de montrer encore sa tendresseA qui ne la veut plus…
Mais vous, du moins, enfant très douce, ma chérie,Si jamais vous lisezCe poème, ah ! que rien ne trouble votre vie,Amie aux frais baisers,
Et qui, vers mon chemin tournant votre visageEt vos yeux de printemps,Sentîtes votre cœur, pour moi, sous le corsage,Battre quelques instants…
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Lauriers de l’Olympe, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1907· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources