Les Lauriers de l’Olympe, 1907· L’amour
« Le rayon vient plonger dans la nuit d’un tilleul »
Poichè fatale è amore al viver dato.MICHEL-ANGE.
Le rayon vient plonger dans la nuit d’un tilleul.Le ciel miroite et luit comme un pleur de rosée.La cloche des yuccas et l’urne du glaïeulReçoivent la fraîcheur par l’aube dispensée.
La mousse aux brins sculptés tapissant le bassinBoit perle à perle l’eau que lance la naïade.Le ciel est lumineux comme un palais de jade.La Nature est un Dieu dont palpite le sein.
Une innombrable Vie afflue au cœur des plantes.Dans son lit de clarté le fleuve va fuyant.O parfums de prairie et de sèves montantes !Horizons comme ceux des matins d’Orient !…
Pourtant les blessures de l’âmeQue l’hiver avait cru fermer,A cette atmosphère de flammeVont de nouveau se ranimer,
Et, dans la joie universelleDe ce printemps de pourpre et d’or,Avec la sève qui ruisselleSont prêtes à saigner encor.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Lauriers de l’Olympe, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1907· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources