Les Lauriers de l’Olympe, 1907· Voyages· Rome
Méditation
DANS LES JARDINS DE LA VILLA DE MALTE
Pour Albert Fontemoing.
O belles heures de clartéQui prennent l’âme !Là-bas, sous les feux de l’été,Rome se pâme.
Dominant le Tibre aux flots lents,La villa blancheDont les murs parlent du vieux temps,Sur l’eau se penche.
On voit au milieu des bosquetsFuir les fontaines.Mésanges et chardonneretsJouent dans les chênes.
En face, sous le soleil d’or,Le TranstévèrePrès du calme Montorio dort.La primevère
Illumine les gazons courtsDes plates-bandesOù, dans leur péplum de velours,Rient les lavandes.
Chers parfums capiteux et doux,Qui des alléesEn pente montez jusqu’à nous :Fleurs d’azalées,
Thyrse des beaux magnolias,Laurier, cytise,Vous chantez des alleluiasDont on se grise.
Aux murs de la maison chacunDe vous s’accroche,Comme s’enroule à l’ormeau brunL’aristoloche…
Mais quand le soir baigne de sangLa Ville entièreEt change en dôme éblouissantLe grand Saint-Pierre :
Les souvenirs de ton passé,Villa de Malte,Reviennent en essaim pressé,Que l’heure exalte,
Charmer, aux portes de la nuit,Ton site austèreEt mirer au fleuve qui fuitLeur long mystère.
44 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Lauriers de l’Olympe, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1907· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources