Les Lauriers de l’Olympe, 1907· L’amour
Pour Béatrice
Quel che non è voi non è ’l mio bene.MICHEL-ANGE.
Amour, vous savez bien que mon cœur s’est donnéPour ne plus se reprendreEt que, quoi qu’Elle fasse, en fidèle obstinéIl m’est doux de L’attendre.
Je ne redoute pas les désirs qui souventL’effleurent de leur aile,Les hommages, les cœurs, qu’impérieusementImprudente Elle appelle.
Car, malgré tant d’efforts pour s’éloigner de moi,Tant de combats, sa vie,De loin comme de près, m’engagera sa foiPuisqu’un Dieu l’y convie…
Amour, quand vous poussez comme un chêne en vainqueurDans le sol de notre âme,La volonté ne peut briser votre vigueur,Ni le fer ni la flamme.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Lauriers de l’Olympe, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1907· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources