Les Mirages, 1897· Inquiétudes
Incertitude
A Antoine Albalat.
AVANT que l’aurore ait fait place au jour,Le calme que la nuit dispenseM’invite à rêver. Sans fin, tour à tour,Je chemine, contemple et pense.
Et voici qu’à moi parvient un chant doux,Qui suave et chaste résonne.On dirait au loin des violons fousDont l’archet frissonne.
On dirait aussi par moments des voix…Viens-tu des forêts, ô murmure ?Ou bien, hymne grave et triste à la fois,Sors-tu de mon âme trop mûre ?
O mystère, dont m’échappent les fils !Énigme, qu’en vain j’étudie :Ces chants délicats je ne sais point s’ilsSe nomment songe ou mélodie.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources