Les Mirages, 1897· Essor
L’espoir
A Georges de Lys.
LA cloche du cœur balance son glas.
Ah ! comme ils sont morts les sourires,Les chers serments, les beaux délires !
La cloche du cœur balance son glas.
Ah ! comme ils sont morts les baisersSur les lèvres roses posés !
La cloche du cœur balance son glas.
Ah ! comme ils sont morts les amoursQui devaient subsister toujours !
La cloche du cœur balance son glas.
Ah ! comme ils sont morts les Printemps,Parfumés, légers et chantants !
La cloche du cœur balance son glas.
Ah ! dans l’ombre que tu déploies,Passé, combien gisent de joies !
La cloche du cœur balance son glas.
Soudain le glas se change en carillon ailéEt de bonheur l’âme frissonne :C’est l’Espoir, jadis envolé,Qui revient alerte et qui sonne.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources