Les Mirages, 1897· Essor
« LA pourpre des beaux Soirs est pleine de mystère »
A André Bellessort.
Respecte en toi-même la force qui te
permet de bien comprendre les choses.MARC-AURÈLE.
LA pourpre des beaux Soirs est pleine de mystère.Les bords du gouffre ardent par le soleil creuséConservent, immuable, au zénith irisé,L’auguste majesté du Dieu que rien n’altère.
Et cependant que l’ombre, envahissant la terre,Efface les objets sur le sol ardoisé,Le crépuscule d’or demeure pavoiséDes vestiges sanglants du royal Sagittaire.
La Nature, craintive et frémissante au seuilDes ténèbres, se plonge en une mer de deuil,Mais dans le vaste ciel constellé de silence,
— Tels des aigles de feu ! les sublimes EspoirsPlanent sur le décor éclatant d’opulenceQue laisse en s’effaçant la pourpre des beaux Soirs.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources