Les Mirages, 1897· Inquiétudes
La douleur
A Monsieur Victor Margueritte.
QUAND la douleur tenaille et terrasse le corps,La pauvre âme est réduite au néant des penséesPar le mal tout-puissant brusquement effacées.Mais vains sont les essais tentés ou les effortsPour garder, pour fixer l’Idée au loin bannie,Car la Douleur survient et dit : « Je ne veux pas ! »En l’être exténué, brisé, plaintif et las,Tout est vide, faiblesse et mortelle atonie.
Il semble que le Temps, dans son vol arrêté,N’engendre plus, hélas ! qu’amertume et souffrance,Et que pour mieux chasser toute humaine espérance,S’éclaire l’inconnu de la Fatalité.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources