Les Mirages, 1897· L’âme
Les mères
Au poète Armand Silvestre.
AH ! toutes les larmes amèresQu’on voit les amantes verserNe valent pas les pleurs des MèresQui jaillissent sans y penser.
Toutes les plus chères caressesDes amoureuses dans nos brasNe vous valent pas, ô tendressesDes bras de Mères jamais las.
Tous les cris et les phrases follesDes maîtresses aux fraîches voixNe vous valent pas, ô parolesQue les Mères disent parfois.
Et toute la sollicitudeDe chaque femme ivre d’amourNe vaut pas la noble attitudeD’une Mère aimant sans retour.
Faites donc passer en vos âmes,Mes sœurs, lorsque vous vous donnez,Les feux purs et les chastes flammesDu cœur des Mères rayonnés.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources