Les Mirages, 1897· Chants de la nature
Oriens
A Ch. Florentin-Loriot.
Exorat pacem divum.VIRGILE.
QUAND les fleurs ont ouvert leurs yeux frais à l’AuroreQui, dans son char ailé, ramène le matinEt sur l’arc infléchi de l’horizon lointainFuit devant la clarté du soleil faible encore,
Un hymne de couleurs, vers le ciel qui se dore,Monte avec des parfums de narcisse et de thym,Mêlant sa symphonie au ramage mutinDes oiseaux saluant le jour tout près d’éclore.
L’air est si transparent, si suave et si pur,Sous le dais lumineux et profond de l’azur,Que du vieil Univers la face est rajeunie,
Car les monts, les coteaux, les arbres et les prés,Où le méandre court des brouillards empourprés,Sont pleins d’aromes doux et de Paix infinie.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources