Mélodies poétiques, 1890· Heures douces
Chants d’amour
A PAUL BOURGET
O chants d’amour éclos dans la saison des fleurs,Alors qu’en son printemps le cœur vibre et soupire,Et que l’on sent dans l’âme un sublime délireSur les choses jeter de brillantes couleurs ;
Cantiques inspirés par de chères douleursQu’un doux regard fait naître, ou qu’un mutin sourire,Ranime par le charme et l’attrait qu’il respire :Subtils parfums, divine extase, ô tendres fleurs !
Soyez bénis ! Car j’ai par vous, dans cette vie,Traversé des moments purs et délicieuxDont la douceur ne me sera jamais ravie.
Et si mon pauvre cœur, par trop audacieux,S’est déchiré parfois aux ronces de la route,Ah ! vive la blessure et périsse le doute !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources