Mélodies poétiques, 1890· Heures douces
Contemplation
Je sais dans une église un très ancien vitrail :Sur un fond rouge sombre, une mignonne sainte,Avec d’épais cheveux blonds et frisés est peinte ;Ses traits sont doux, son front pensif, ses yeux d’émail.
Elle foule à ses pieds un complet attirailDe parures gardant leur trop mondaine empreinte.Dans ses regards émus une extase est empreinte ;Un grand lys en ses mains remplace l’éventail.
Cette sainte, je l’aime et c’est mon amoureuse !Je contemple, ravi, sans me lasser jamais,Son apparition qui rend mon âme heureuse.
Et je ne pourrai point, ici-bas, désormais,Entr’ouvrir mon cœur froid à des amours humaines :Ma sainte pour toujours tient ce cœur dans ses chaînes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources