Mélodies poétiques, 1890· Paysages
(Haute-Loire)
A PIERRE DE NOLHAC
Élevant dans les airs ses tours démantelées,Sur un rocher le vieux donjon se dresse au loin,Et, débris d’un autre âge, il reste le témoinDes siècles disparus, des gloires écroulées.
Dans la cour seigneuriale on voit des giroflées,Sur les créneaux branlants s’accroche le sainfoin,Les nobles écussons gisent à chaque coin,Les poutres ont fléchi des salles désolées.
Les sépulcres dressés dans leur noble appareilN’abritent plus, hélas ! sous un linceul de pierre,Les chevaliers dormant leur suprême sommeil.
Le Temps a consommé son ouvre meurtrière ;O néant des grandeurs ! il abat les PuissantsEt change en lieux déserts les manoirs florissants.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources