Mélodies poétiques, 1890· Paysages
Ii. — aigues-mortes
A. F. AMOURETTI
La muraille de pierre intacte élève encoreSes créneaux dentelés, ses donjons et ses tours ;Le cliquetis guerrier a cessé pour toujoursDans les étroits chemins de l’enceinte sonore.
Sur les machicoulis que le grand soleil dore,Où, veilleur diligent, l’œil au guet, nuits et jours,L’arbalétrier fit résonner ses pas lourds,L’écho ne vibre plus au bruit de la claymore.
Et, sous l’embrasement du soir éblouissant,La cité se revêt d’une teinte superbe,Et, fière, s’incendie aux brasiers du couchant ;
Tandis que sur les flots étincellent en gerbeDes rayons empourprés, le jour tombe et s’éteint :Aigues-Mortes s’endort dans l’ombre qui l’étreint.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources