Mélodies poétiques, 1890· Paysages
Mort du roi rené a Aix (1480)
A ROUMANILLE
Le duc d’Anjou, le roi René, le BénévoleAgonise, très vieux, sur son lit de brocard ;La reine Jeanne prie et sanglote à l’écart,Et le chagrin profond la laisse sans parole.
René reçoit au front la divine auréoleDes rayons du soleil couchant, et son regardDans l’espace infini va se perdre, hagard,En suivant des oiseaux jaseurs la course folle.
Un silence profond, que la cloche d’argent,De minute en minute, interrompt doucement,Pèse sur Aix en cet instant de grande peine ;
Et Jean de Mathéron, de la Jaille, d’Agoult,Forbin, l’âme navrée et près du lit, debout,Épient sur les traits du Roi la mort prochaine.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources