Mélodies poétiques, 1890· Paysages
Nuit de juin
A ÉMILE OREN
Quand le soir vient cacher les firmaments pâlis,L’on voit courir, soudain, des teintes violettesAux flancs des monts, dressant leurs hautes silhouettesA l’horizon pourpré des soleils affaiblis.
Une profonde paix envahit tout ; aux plisDes ravins l’eau gazouille, et ses chansons discrètesCélèbrent le Printemps, la Nature, les fêtes,Des parfums délicats dont les champs sont remplis.
Et, diamants jetés sur de funèbres voiles,Une à une au zénith s’allument les étoiles,De la voûte du Ciel mystérieux fanaux ;
Tandis que sur les prés, les arbres et les roses,Sur les soucis, sur les épreuves, sur les choses,Descend la fraîche nuit qui soulage les maux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources