Mélodies poétiques, 1890· Philosophie
Schopenhauer
Dans la nuit noire où dort mon rêve évanoui,Je vois briller parfois une lueur sanglante,Lueur étrangement embrumée et troublante,Dernier rayonnement de l’espoir enfoui.
Lors dans mon âme lasse, un concert inouïD’amers regrets s’élève, et la voix pénétranteDu chagrin éternel, qui toujours se lamente,Résonne en mon esprit jadis épanoui.
Et dans le passé sombre où gisent les alarmes,Voici que des jours froids, tout inondés de larmes,S’éclairent aux rayons de la rouge lueur,
Cependant qu’aux accents de tristesse profonde,A la voix du regret qui gémit et qui gronde,Plus profondément saigne et se navre mon cœur.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources