Mélodies poétiques, 1890· Heures douces
« Si la Mort à jamais obscurcit mes paupières »
Si la Mort à jamais obscurcit mes paupières,Venez, venez parfois réciter des prièresAuprès du lit funèbre où, tranquille et dispos,Je resterai conquis à l’éternel repos.Pour charmer mon sommeil apportez-moi des roses,Que vous effeuillerez, blanches, jaunes ou roses,Sur la pierre. Autrefois je chérissais les fleurs !Les tombeaux négligés n’attirent point les pleurs.Du fond de mon sépulcre et parmi le silenceJ’entendrai votre pas léger chère présenceDe l’être bien-aimé qu’il a fallu quitter.Vous ornerez ma tombe et viendrez m’enchanter.La Mort sera pour moi la grande Nuit sacrée ;Dans mon sommeil, troublé par vous, douce adorée,Voltigera l’essaim des rêves radieux.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources