Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour
XXXI. « C’est bien fini, le temps de compter jusqu’à trois »
C’est bien fini, le temps‖ de compter jusqu’à trois,Notre amour par le bleu‖ va déployer ses ailesNous ne tressaillons plus‖ aux vieilles ritournelles ;Tu n’y comprends plus rien —‖ ni moi non plus, je crois.
Nous n’irons plus cueillir‖ les fraîches fleurs des bois ;Mais, pour faire semblant‖ d’être encore fidèles,Nous nous achèterons‖ des bouquets d’immortellesEt nous en fleurirons‖ nos amours d’autrefois.
Pauvres amours, si chers‖ à mes jeunes années !Mais l’inflexible loi‖ des dures destinéesMet entre nos deux cœurs‖ un abîme d’oubli.
Mais va, nous chanterons‖ ta chanson, la dernière,Sur notre passé, pour‖ jamais enseveli,Comme deux rossignols‖ pris dans un cimetière.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a trois / crois masculineb ailes / ritournelles fémininea bois / d’autrefois masculineb fidèles / d’immortelles fémininec années / destinées féminined d’oubli / enseveli masculinee dernière / cimetière féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources