Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour
I. « J’étais l’enfant sacré de la grande Nature »
J’étais l’enfant sacré‖ de la grande Nature,Je marchais comme un dieu‖ dans les sentiers déserts ;Par les prés, par les monts‖ errant à l’aventure,J’écoutais tout le jour‖ d’ineffables concerts.
J’envoyais des baisers‖ aux lointaines étoiles ;Et lorsque dans la pourpre‖ ardente du soleilJe regardais glisser‖ légèrement les voiles,Le cœur me bondissait‖ d’un élan nonpareil :
Car la mer où chatoient‖ des milliers d’émeraudes,Des saphirs transparents‖ et des rubis en feu,La riche mer séduit‖ toutes les têtes chaudesEt promène les cœurs‖ sur son infini bleu.
Le chant des rossignols,‖ le vol des hirondelles,Tout appartient à nous‖ avant d’avoir vingt ans ;L’amour de la beauté‖ sait nous donner des ailesEt nous nous envolons‖ dans la joie, en chantant !
Mais le vent a soufflé‖ sur le château des nues,Tout s’est évanoui‖ dans la clarté des cieux ;Je suis redevenu‖ le vagabond des ruesEt Paris m’a repris‖ dans ses bras monstrueux.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a Nature / l’aventure féminineb déserts / concerts masculinea étoiles / voiles féminineb soleil / nonpareil masculinea d’émeraudes / chaudes féminineb feu / bleu masculinea hirondelles / ailes féminineb ans / chantant masculinea nues / rues féminineb cieux / monstrueux masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources