Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
I. « L’air est plein d’une odeur exquise de lilas »
L’air est plein d’une odeur‖ exquise de lilasQui, fleurissant du haut‖ des murs jusques en bas,Embaument les cheveux des femmes.La mer au grand soleil‖ va toute s’embraser,Et sur le sable fin‖ qu’elles viennent baiserRoulent d’éblouissantes lames.
Mauves ou violets,‖ rouges et blancs, ils sontLe sourire enfantin‖ de la vieille maisonQue leur grâce a toute fleurie ;Les femmes Dieu sait où‖ vont les cheveux au vent,Et la mer étincelle‖ au clair soleil levantComme une immense pierrerie.
O ciel qui de ses yeux‖ dois porter la couleur,Brise qui vas chanter‖ dans les lilas en fleurPour en sortir tout embaumée,Ruisseaux qui mouillerez‖ sa robe, ô verts sentiers,Vous qui tressaillerez‖ sous ses chers petits pieds,Faites-moi voir ma-bien aimée !
Je ne la connais pas :‖ pourtant — je l’ai juré —En la voyant passer‖ je la reconnaîtraiA son pied mignon qui se cambre,Au sourire, aux cheveux‖ entortillés, pareilsAux grappes des lilas‖ qu’un baiser du soleilAurait faits blonds comme de l’ambre.
L’herbe sent bon, les fleurs‖ ont les yeux demi-clos,La lumière est joyeuse‖ et danse sur les flots —J’entends là-bas chanter un merle…Oh ! puissé-je la voir,‖ être son bien-aimé,Et qu’elle porte au cœur‖ une rose de maiOu des lilas couleur de perle !
Versification
- Forme
- 5 sizains (sizains)
- Rimes
- 5(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (20 de 12, 10 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 5 sizains
- Mots à la rime
- a lilas / bas masculineb femmes / lames fémininec s’embraser / baiser masculinea sont / maison masculineb fleurie / pierrerie fémininec vent / levant masculinea couleur / fleur masculineb embaumée / aimée fémininec sentiers / pieds masculinea juré / reconnaîtrai masculineb cambre / l’ambre fémininec pareils / soleil masculinea demi-clos / flots masculineb merle / perle fémininec bien-aimé / mai masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources