Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· III L’amour divin
VIII. Matin
Un adorable ciel de mai,Rose et frais ; le soleil va luire,Et la terre à son bien-aiméEnvoie un salut parfumé :Les oiseaux vont chanter,‖ les roses vont sourire.
On sent frissonner sous les toitsUn rayon de lumière blonde ;Au loin sangloter à mi-voixLa source amoureuse des bois,Et circuler dans l’air‖ la jeunesse du monde.
Roses, violets, orangés,Flottant au vent qui les soulève,De petits nuages légersPlus que des oiseaux passagersTraversent l’étendue‖ et passent comme un rêve.
Et, dans leur vol vertigineuxAu travers de l’espace immense,Les beaux nuages lumineuxEmportent jusqu’au fond des cieuxMon cœur qu’ils ont grisé‖ d’azur et de silence ;
Et qui fuit dans l’immensitéParmi le satin et la moire,Ébloui, presque épouvanté,Sur des flocons roses portéEt comme enveloppé‖ -dans un brouillard de gloire.
Versification
- Forme
- 5 quintils (quintils)
- Rimes
- 5(abaab)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (20 de 8, 5 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 5 quintils
- Mots à la rime
- a mai / bien-aimé / parfumé masculineb luire / sourire fémininea toits / mi-voix / bois masculineb blonde / monde fémininea orangés / légers / passagers masculineb soulève / rêve fémininea vertigineux / lumineux / cieux masculineb immense / silence fémininea l’immensité / épouvanté / porté masculineb moire / gloire féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
25 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources