Melænis, 1857
Chant troisième
J’ai bâti quelquefois‖ ce projet fantastiqueDe sortir un matin,‖ dès le soleil levant,Afin de voir du jour‖ le réveil magnifique,Les pieds dans la rosée‖ et les cheveux au vent,Debout sur le sommet‖ du Janicule antique,La campagne derrière,‖ et le Tibre devant
Je disais : à demain !‖ Mais on a ses paresses ;Mais les soupers sont longs,‖ mais on se couche tard ;On a passé la nuit‖ dans de folles ivresses ;On comptait sans le vin,‖ les dés et le hasard ;Puis Lesbie, au matin,‖ redouble ses caresses,Et plus clair que le jour‖ se lève son regard !…
Pourtant c’est un spectacle‖ immense, je présume,Quand l’aube radieuse‖ à l’horizon s’allume ;L’ombre se mêle au jour‖ et doit lutter d’abord ;Mais bientôt, s’étalant‖ sur la ville qui dort,Mille reflets d’azur‖ font chatoyer la brume,Comme un velarium‖ de soie, aux franges d’or !
Sur le ciel inondé‖ de teintes purpurines,Les aqueducs lointains‖ dessinent leurs arceaux ;Les palais blancs, assis‖ par groupes inégaux,Se détachent en foule‖ aux crêtes des collines,Et le Tibre, au soleil,‖ roulant ses blondes eaux,Semble un bandeau royal,‖ semé de perles fines !
Ô maîtres glorieux,‖ vous les aviez connus,Vous les aviez connus‖ ces spectacles sublimes !Votre front se penchait‖ au bord des hautes cimes,Le long des flots bruyants‖ vous marchiez les pieds nus,Et du vaste océan‖ vous sondiez les abîmes,Sous le manteau brodé‖ de l’antique Uranus !
Avec l’oiseau qui chante‖ et l’arbre qui murmure,Vous mêliez votre vie‖ à toute la nature ;Vous aimiez les grands bois‖ pleins de molles senteurs,Les grands monts inclinés‖ sur les vallons en fleurs ;Et parfois des cités‖ fuyant l’haleine impure,Vous dormiez sur la mousse,‖ à côté des pasteurs.
C’est là ce qui vous fait‖ ces notes inquiètesQui tremblent à vos chants,‖ comme des gouttelettesDe rosée, et ces vers‖ qui savent se plierAux cadences du flot,‖ sur son lit de gravier,Et ces mots si profonds,‖ que le ciel, ô poëtes !Comme dans l’océan,‖ s’y mire tout entier !
Quoi qu’il en soit, le jour‖ commençait à paraîtreQuand Paulus, dans la ville,‖ arriva tout poudreux ;Bien que lettré, sans doute,‖ et poëte, peut-être,Il ne s’arrêta point‖ à contempler les cieux ;Et Staphyle, à coup sûr,‖ n’eût pu le reconnaître,Rouge et la toge au vent,‖ ainsi qu’un furieux !
Le long des vieux remparts‖ où court l’eau Julienne,Jusqu’au mont Viminal‖ il gravit d’une haleine ;Parfois il lui semblait‖ entendre à ses côtésDes murmures lointains,‖ des pas précipités ;De mille visions‖ sa tête toute pleineBruissait comme un flot.‖ De joyeuses clartés
Tombaient du ciel rayé‖ par des nuages roses ;Le rhéteur, sans rien voir,‖ volait par les chemins,Et poussait des soupirs,‖ et se tordait les mains,Tant qu’il donna du front‖ contre tes portes closes,Ô temple d’Esculape,‖ asile des humains !Le sort, comme un auteur,‖ sait arranger les choses :
Le dieu qui nous guérit‖ faillit tuer Paulus,Par contraste, et du coup‖ l’histoire était finie ;Il en eut le cœur fade‖ et la tête engourdie :« Si les dieux maintenant‖ s’en mêlent, je n’ai plus« Que la corde, dit-il,‖ pour accrocher ma vie ! »Et son corps s’affaissa‖ sur ses membres perclus.
Déjà, comme des yeux‖ entr’ouvrant ses tavernes,Suburre au pied des monts‖ s’éveillait avec bruit ;Des buveurs chancelants‖ sortaient de maint réduit,Au soleil du matin‖ montrant leurs faces ternes,Ce pendant que la louve‖ éteignait ses lanternesEt balayait au seuil‖ les traces de la nuit.
On entendait au loin,‖ dans les brumes vermeilles,La ville remuer ;‖ de moment en momentLes esclaves des bains,‖ comme un essaim d’abeilles,Des thermes spacieux‖ sortaient confusément ;Tout reprenait la vie‖ avec le mouvement ;Paulus de ses deux mains‖ se boucha les oreilles ;
Puis fuyant au plus court,‖ comme un cerf aux abois,Il descendit le mont :‖ près du temple de Flore,Une vieille, accroupie‖ à côté d’une amphore,Dans un poêlon cassé‖ faisait frire des pois ;Paulus l’effraya tant‖ par son souffle sonore,Qu’en cornes, sur sa tête,‖ elle allongea ses doigts !
Il n’en fallait pas plus‖ pour craindre un maléfice,Notre homme offrant aux yeux,‖ depuis sa pamoison,La pâleur de la mort ;‖ c’était l’occasionDe rehausser son teint‖ par un peu d’artifice ;Le sixième quartier‖ des dames est complice,C’est là que dix marchands‖ vendent le vermillon
Le rhéteur n’en prit pas :‖ une force inconnueL’entraînait en aveugle ;‖ au souffle des destinsIl se laissait aller.‖ Les objets incertainsFlottaient autour de lui‖ quand il franchit la rue ;Il ne put recouvrer‖ la pensée et la vueQue sur le Pincius,‖ la colline aux jardins.
L’heure était favorable‖ et le lieu solitaire ;Sous un figuier sauvage‖ il s’étendit par terre,Haletant et brisé.‖ Dans les rameaux fleurisLes oiseaux s’appelaient‖ avec de petits cris ;Ébloui de rayons,‖ il ferma sa paupière,Et la paix, par degrés,‖ revint à ses esprits.
Alors il vit passer,‖ en confuses images,La lune et le jardin,‖ l’édile et sa fureur,Marcia dans ses bras‖ tremblante et sans couleur ;Les valets effrayés‖ courant sous les feuillages,Sa fuite à travers champs ;‖ puis, pesant son malheur,Il comprit que le ciel‖ était chargé d’orages ;
Qu’un édile est puissant‖ quand il veut se venger ;Qu’il a les bras très-longs ;‖ qu’avec des hyperbolesOn ne se tirait point‖ d’un semblable danger ;Que, s’il ne tenait pas‖ à jouer de sots rôles,Il était temps de fuir‖ la ville et les écoles ;Qu’il n’avait pas un as,‖ et qu’il faudrait manger.
Il songeait bien parfois‖ à la vieille Staphyle,À sa maison perdue‖ au fond de la cité,Mais il fallait narrer‖ le tout à la sibylle,Et c’était un moyen‖ extrême, en vérité !Sans compter le logis‖ par les larves hanté,Vivre avec des serpents‖ lui semblait difficile
Comme il en était là‖ de sa réflexion,Il entendit des coups‖ frappés par intervalles,Et tous accompagnés‖ d’une exclamation,De longs trépignements,‖ de notes gutturales :« Il en tient ! ‒ il en a !‖ ‒ ferme sur les sandales !« ‒ Gaulois, pourquoi me fuir ?‖ J’en veux à ton poisson ! »
Le rhéteur aussitôt‖ se souleva de terreTout machinalement,‖ par curiosité !Plongez le cœur humain‖ dans la calamité,Le bruit d’un moucheron‖ suffit pour le distraire ;C’est l’esprit, comme il est ;‖ la peine et la misèreAussi bien que l’enfance‖ ont leur naïveté !
Un homme, à quelques pas,‖ d’un costume assez riche,S’escrimait contre un arbre,‖ et ses coups forcenésTombaient, comme un torrent,‖ sur le gaulois postiche ;Quoique maigre, il avait‖ les membres bien tournés,L’œil fixe, le pied leste,‖ et portait un pois chiche,Tout comme Cicéron,‖ au beau milieu du nez !
Son glaive était de bois ;‖ une courte tuniqueLaissait voir ses genoux‖ détachés avec art,Un petit casque noir,‖ au chiffre de César,Descendait sur son front‖ d’une façon comique,Il avait à l’oreille‖ un anneau magnifique ;Sa toge suspendue‖ ondulait à l’écart.
Paulus suivit des yeux‖ l’étrange personnage ;Il parait et frappait,‖ se courbant à demi,Et s’arrêtant parfois,‖ sur sa jambe affermi :« C’est un fou, pensa-t-il,‖ ou c’est peut-être un sage,« Les deux professions‖ ont le même visage,« On s’y trompe de loin !‖ ‒ je te salue, ami ! »
Dit le gladiateur,‖ apercevant notre homme,« C’est s’y prendre matin,‖ mais je me fais le bras !« Trouves-tu que mon jeu‖ soit agréable, en somme ?« ‒ Moi ! Répondit Paulus,‖ j’ignore les combats.« ‒ C’est un tort, compagnon,‖ et quand on est de Rome,« On sait juger des coups.‖ Tu ne me connais pas ?
« On m’appelle Mirax.‖ ‒ et moi, Paulus. ‒ je gage« Pour un homme lettré.‖ ‒ tu l’as dit. ‒ moi, demain,« Je vais me rendre au cirque.‖ ‒ et moi, j’ai l’avantage« D’aller un peu plus loin ;‖ mais, pour ce long voyage,« J’ai la corde ou le Tibre,‖ et je suis incertain !… »L’homme au glaive de bois‖ mit son front dans sa main
Et parut réfléchir,‖ puis relevant la face :« J’ai peu d’amour, dit-il,‖ pour le meilleur des deux ;« Je n’aime pas mourir‖ en faisant la grimace,« Les pendus sont trop noirs,‖ les noyés sont trop bleus !« Il faut savoir tomber,‖ mais tomber avec grâce,« Et rejeter la vie‖ en regardant les dieux !
« Il faut donner à l’âme‖ une large ouverture,« Qu’elle parte d’un bond,‖ comme un aigle puissant !« Jeune homme, dit Mirax‖ superbe et frémissant,« Il faut jusqu’à la fin‖ respecter sa nature ;« Celui-là sait mourir‖ qui, pour sa sépulture,« Se fait un beau linceul‖ de pourpre avec son sang ! »
Il avait dans la voix‖ une telle puissance,Que Paulus, malgré lui,‖ se voyait terrassé.Il reprit : « avant toi,‖ jeune homme, j’ai passé« Par les jours inquiets‖ où tombe l’espérance !« J’ai pour cercueil alors‖ choisi le cirque immense,« Où j’entrai, comme un mort,‖ impassible et glacé ;
« J’étais libre, et je pris‖ le métier des esclaves !« J’ai vu le peuple entier‖ bruire autour de moi,« Et la fête chanter,‖ sur mon front calme et froid,« Comme un pâtre joyeux‖ sur l’Etna gros de laves !« Et puis plus fièrement‖ j’agitai ces entraves« Qu’on ne changerait pas‖ pour un sceptre de roi !
« Connais-tu cette vie‖ effrayante et sublime,« Ce triomphe d’un jour‖ si lugubre et si beau,« Ce dédain pour la foule,‖ imbécile troupeau,« Qu’au fond d’un bouge obscur‖ la vieillesse décime ?« Ces plaisirs, suspendus‖ au penchant d’un abîme !« Ces voluptés, râlant‖ sur le bord d’un tombeau !
« Sais-tu la frénésie‖ et toutes les tendresses« Qu’à ceux qui vont périr‖ la femme garde encor ?« Sais-tu l’âpre bonheur‖ d’abandonner au sort« Un front tout bourdonnant‖ de royales ivresses,« Et de baiser ces mains‖ aux lascives caresses« Dont le pouce charmant‖ demandera ta mort ?… »
Et Mirax, l’œil en feu,‖ la narine gonflée,Parcourait du regard‖ le rhéteur ébloui ;Paulus sentait sa vie‖ à ce souffle ébranlée,Des horizons nouveaux‖ s’entr’ouvraient devant lui ;Alors, pour soulager‖ son âme désolée,Dans le sein de Mirax‖ il versa son ennui.
Il dit tout : sa jeunesse‖ insouciante et fière,Les soins de Staphyla,‖ ses travaux, son amour :Le vieux gladiateur‖ souriait comme un père :« Viens avec moi, dit-il,‖ viens mourir à ton tour !« Foule aux pieds, ô mon fils,‖ les choses de la terre ;« Laissons faire aux destins,‖ ils savent notre jour !…
« ‒ J’y consens, dit Paulus,‖ mais je crois difficile« D’éviter bien longtemps‖ le regard de l’édile…« ‒ Qu’importe, dit Mirax,‖ l’édile et son regard ?« Jeune homme, on ne craint rien‖ quand on est à César ;« On n’ira pas chercher‖ le rhéteur, sois tranquille,« Sous le casque de fer‖ et le double cuissard ! »
Paulus suivit Mirax,‖ prenant un moyen termeEntre vivre et mourir,‖ en vrai logicien.Les dames en riront,‖ je le présume bien :Les dames aux héros‖ demandent un bras fermeQui ne s’amuse pas‖ à gratter l’épiderme ;Mais je suis scrupuleux‖ comme un historien.
Ce fut pour le laniste‖ une bonne fortune,Quand il vit le rhéteur‖ si robuste et si fort.À porter la cuirasse‖ on l’exerça d’abord,Puis on le mit bientôt‖ à la règle commune,Et Paulus, pour l’arène‖ oubliant la tribune,À son nouvel état‖ se pliait sans effort.
Il reçut par écrit‖ les préceptes d’usage,Et creusa le poteau‖ sous ses coups assidus ;Dans la botte de bronze‖ il meurtrit ses pieds nus,La mentonnière d’or‖ étreignit son visage ;Au bout de quelques mois‖ il avait l’avantageD’égaler en vigueur‖ les maîtres reconnus.
Il savait imiter‖ le Samnite intrépideQui secoue au combat‖ son panache ondoyant,L’Andabate aux yeux clos,‖ le Thrace diligent,Le svelte rétiaire,‖ à la lance trifide,Menaçant du filet‖ le mirmillon rapideDont le casque gaulois‖ porte un poisson d’argent !
Il devait à Mirax‖ la vertu singulièreDe fixer son regard,‖ sans baisser la paupière,Et de tenir son souffle‖ aussi bien qu’un plongeur !…Cette vie, après tout,‖ convenait au rhéteur.Pour vous peindre en trois mots‖ son régime ordinaire :Il buvait et mangeait‖ comme un gladiateur !
Mirax avait raison,‖ Paulus vécut sans crainte,Comme un songe mauvais,‖ le passé s’envola.Une fois, à Suburre,‖ il revit Staphyla,Mais, pour conter la chose,‖ il employa la feinte,Après les premiers cris,‖ la vieille fut contrainteDe le trouver fort beau‖ sous ce costume-là !
Je ne vous dirai pas‖ ses amis de l’école,Stratophanès le grec,‖ Glaphyre le germain,Hégon, qui vint un jour‖ du pays de la Gaule,Et sait vider d’un trait‖ une amphore de vin,Ni le nègre Labrax‖ dont la matrone est folle,Et qui tourne, au combat,‖ deux glaives dans sa main !
Bien qu’il les aimât tous,‖ il préférait encoreMirax, son vieil ami,‖ plus grave et sérieux ;Souvent, après la lutte,‖ on les voyait tous deuxAppuyés sur l’épée‖ ou le trident sonore,Jeter des mots profonds‖ que le vulgaire ignore,Touchant la vie humaine‖ et l’essence des dieux !
Quant à ses passions,‖ depuis son aventure,Elles dormaient en lui ;‖ son cœur était ferméComme un coffre d’avare,‖ à la triple serrure !Les femmes y perdaient‖ leur regard enflammé :Il avait sur le corps‖ une solide armure,Et, tout autour de l’âme,‖ un souvenir aimé !
Pour la première fois‖ Paulus était fidèle ;Fille de Marcius !‖ Il revoyait encor,Et tes cheveux tressés,‖ et ta noire prunelle,Et ta gorge inquiète‖ où glisse un collier d’or !Mais tu ne venais pas‖ à sa voix qui t’appelle ;N’ayant plus rien au monde,‖ il attendait la mort !
Le hasard le servit ;‖ l’école était placéePrès du temple du Faune,‖ au mont Lateranus ;Un jour qu’il descendait,‖ roulant dans sa penséeSa fortune bizarre‖ et ses amours perdus,Il vit à quelques pas‖ une foule amasséeQui poussait vers les cieux‖ des rires éperdus !…
Un petit homme étrange,‖ aux mobiles paupièresS’agitait, au milieu‖ du groupe triomphant,Et l’on applaudissait,‖ tandis que maint enfantLe tirait par l’oreille‖ et lui jetait des pierres ;L’assemblée était sourde‖ à toutes ses prières,Il tournait et sautait‖ de colère étouffant !
Ce fut une surprise‖ à peindre difficile,Quand Paulus aperçut‖ le bouffon de l’édile !Il écarta la foule,‖ et, debout près du nain :« Je le connais, » dit-il,‖ en étendant la main.À ce commandement‖ le peuple fut docile,Car le soleil frappait‖ sur son casque d’airain ;
Il portait son manteau‖ d’une façon si fière,Que Coracoïdès‖ ne le reconnut pas.‒ Aux jambes du bouffon‖ Paulus réglait son pas. ‒Il apprit que le nain,‖ resté seul en arrière,S’était perdu dans Rome,‖ et qu’aux thermes, là-bas,Il allait retrouver‖ sa maîtresse en litière…
« Marcia ! Marcia !‖ Dit Paulus palpitant,« Marcia près de moi !‖ Marcia que j’adore !« Parle ! De son rhéteur‖ se souvient-elle encore ?« ‒ C’est lui ! Dit le bouffon.‖ ‒ silence ! On nous entend,« Je te conterai tout…‖ mais il faut qu’on l’ignore,« Parlons bas : ta maîtresse…‖ ‒ elle vous aime tant !
« Vingt fois, sans vous trouver,‖ j’ai couru par la ville,« Elle voulait mourir !‖ ‒ et l’édile ? ‒ l’édile« S’abandonna d’abord‖ à des cris furieux,« Il demandait vengeance,‖ il maudissait les dieux !« Plus tard on vous crut mort,‖ puis pour chasser sa bile,« Il a bu quatre jours,‖ et s’en est trouvé mieux ! »
En bénissant le ciel,‖ Paulus prit ses tablettes,Et d’une main tremblante‖ il y traça son nom :« Pour Marcia, pars vite,‖ il faut que tu promettes« De garder sur ce point‖ un silence profond !… »À peine eut-il jeté‖ ces phrases inquiètes,Qu’aux thermes de Commode‖ il s’élança d’un bond.
Aimez-vous le forum‖ où bruit la parole ?Les temples où les dieux‖ regardent les humains ?Les grands tombeaux semés‖ sur le bord des chemins ?Les aqueducs, portant‖ un fleuve sur l’épaule ?L’obélisque étranger ?‖ Les ponts ? Le capitole ?Le cirque ou le sénat ?‖ ‒ moi, j’adore les bains !
C’est un goût dépravé,‖ m’objecteront les sages,Nos pères se baignaient‖ aux fleuves murmurants,Ils ne connaissaient pas‖ les parfums enivrantsQue le Nil vagabond‖ porte sur ses rivages ;Ils s’étendaient mouillés‖ sous les larges feuillages,Pour sécher au soleil‖ l’écume des torrents !…
Les sages disent vrai ;‖ mais ils auront beau faire,Le malobathre est doux,‖ la myrrhe a des appas,Le bain tiède est parfait,‖ pris avant les repas,Et je ne comprends point‖ qu’il soit fort nécessaire,Pour mériter son nom,‖ que la vertu sur terreSente toujours le bouc‖ et ne se peigne pas.
Si les bains sont fermés,‖ où trouver le poëte,Avec les baladins‖ et les maîtres barbus ?D’ailleurs, grâce à nos lois,‖ la réforme est complète,Les sexes aujourd’hui‖ ne s’y confondent plus ;Dans des thermes à part‖ la matrone discrèteSuspend au clou doré‖ son collier de Phallus !
Quand Paulus eut atteint‖ le premier vestibule,Il ne s’arrêta point‖ à voir de tous côtésLes murs de granit rose‖ et de marbre incrustés,Il oublia de même,‖ au bord de leur cellule,Les bustes de César,‖ de Vénus et d’HerculeQue la voûte inondait‖ de mobiles clartés !
Son cothurne en cuir bleu‖ frappait les mosaïques,Devant lui s’allongeaient‖ les vastes corridors ;Les exèdres couverts‖ de dômes magnifiquesS’emplissaient vaguement‖ des clameurs du dehors,Tandis que sur des bancs‖ l’école des stoïquesDe la philosophie‖ étalait les trésors.
La foule grossissait ;‖ plus loin, sous les platanes,Traînant la toge jaune‖ et les rouges patins,Parmi les promeneurs‖ glissaient les courtisanes ;Le crotale au bruit sec‖ claquait dans les jardins,Et des sauteurs d’Égypte‖ aux robes diaphanesBondissaient sur la corde,‖ avec des vases pleins.
Mais une ombre, ô Paulus !‖ S’étendit sur ta vueEt tu sentis passer‖ comme un frisson de mort ;Sur des coussins soyeux‖ mollement étendue,Marcia s’avançait,‖ belle, mais pâle encor ;Et le col allongé,‖ par la longue avenue,Quatre esclaves portaient‖ la litière aux pieds d’or !
Des valets escortant‖ leur jeune souveraineMarchaient au pas, couverts‖ du capuchon de laine ;Elle semblait rêver,‖ et sur son front charmant,Son bras gauche arrondi‖ remontait doucement,Tandis que l’autre main‖ de roses toute pleine,Comme des papillons‖ les effeuillait au vent !
Un murmure flatteur‖ courait sur son passage,La foule s’écartait,‖ en la suivant des yeux ;Ainsi la mer s’abaisse‖ et les flots amoureuxFrémissent, quand de loin,‖ sur un blanc coquillage,Le front ceint de corail‖ et de mousse sauvage,Thétis vogue en silence‖ entre l’onde et les cieux !
Paulus le cœur en feu‖ jeta sur la litièreUn de ces longs regards‖ où l’âme tout entièreS’échappe !… seul, perdu‖ parmi les assistants,Au-dessus de la foule‖ il la revit longtemps,Et son front retomba‖ plus glacé qu’une pierre,Quand elle disparut‖ sous les rameaux flottants.
Ce fut comme un éclair‖ qui déchire la nue,Après la vision‖ l’ombre se fit en lui ;Il sentit de son corps‖ la vigueur abattue,Et s’avança courbé‖ sous son immense ennui ;Le xyste s’emplissait‖ et l’heure était venueOù Rome dans les flots‖ se plonge avant la nuit.
Des hommes demi-nus,‖ le long du péristyle,Se chauffaient au soleil‖ quand Paulus y passa ;Peut-être qu’ils songeaient‖ au médecin Musa,Se rappelant encor,‖ problème difficile,Qu’à l’empereur Auguste‖ un bain froid fut utile,Et que dans un bain froid‖ Marcellus trépassa.
Paulus se décida‖ pour la chambre aux étuves,Et s’assit en jetant‖ une pièce au gardien ;La douleur est prodigue‖ et ne calcule rien :Exhalant alentour‖ ses brûlantes effluves,L’eau du Tibre fumait‖ dans le granit des cuves ;Il choisit un vaisseau‖ de marbre phrygien !
Il voulut la fiole‖ en corne de gazelle,Et pour gratter sa peau‖ la ratissoire d’or ;Dans le bain chaud d’usage‖ on le plongea d’abord,Puis l’esclave vida‖ sur son corps qui ruisselleL’ampoule d’eau glacée,‖ et pour marquer son zèle,De la double palette‖ il le frappa plus fort.
Notre homme était moins triste‖ en quittant la baignoire,Dans la salle aux parfums‖ on lustra ses cheveux,Les vases ciselés,‖ les trépieds pleins de feux,Les drogues, les onguents,‖ s’étalaient avec gloireSur une grande table‖ en marbre précieuxQue portait à son dos‖ un léopard d’ivoire.
Des tableaux s’accrochaient‖ aux murs étincelants :Vénus aux bras de Mars,‖ et Vulcain dans son âtre,Hélène avec Pâris,‖ puis un groupe folâtreDe cygnes irrités‖ et de jeunes enfants,Puis, dans un médaillon,‖ Antoine et CléopâtreSur un char de triomphe‖ attelé d’éléphants.
‒ Cléopâtre ! Encor toi !‖ Voluptueux génie !Type éternel de grâce‖ et de virilité !Non, non, tu n’aimais pas,‖ c’est une calomnieQue jettera sur toi‖ la médiocrité.Sous le bois odorant‖ qui couvre ta momie,Ton cœur n’est pas plus froid‖ qu’au temps de ta beauté !
Assise au bord du Nil,‖ ô courtisane blonde,Tu tendais aux vainqueurs‖ ton filet captieux ;Tu les endormis tous‖ d’une ivresse profonde,Et tu les vis tomber,‖ tes amants glorieux !Sans qu’ils aient eu jamais,‖ en échange du monde,Une larme d’amour‖ échappée à tes yeux !
‒ Si j’étais, pour ma part,‖ disciple d’Hippocrate,Si j’avais de la vie‖ observé les ressorts,Je dirais les liens‖ de l’esprit et du corps,Et comment le plaisir‖ nous fait gonfler la rate,Et pourquoi, quand le derme‖ en suant se dilate,Nous sentons s’engourdir‖ nos chagrins les plus forts !
Par Paulus aujourd’hui‖ la preuve en est fournie :Il entra plein de doute‖ et sortit plein d’espoir ;Des enfants, sous le xyste,‖ exercés par devoir,Roulaient le cercle en cuivre‖ ou fouettaient la toupie,Tandis qu’un grand vieillard,‖ couvert d’un manteau noir,Contemplait gravement‖ cette bande étourdie ;
Son crâne reluisait‖ comme un marbre poli,Sa barbe aux flots d’argent‖ tombait large et splendide,Un nez majestueux‖ comme une pyramideDescendait sur sa bouche,‖ avec pompe établi ;On l’eût pris pour une ombre,‖ à voir son front pâli,Mais, sous son sourcil blanc,‖ roulait un œil rapide.
Paulus n’eut pas besoin‖ de regarder deux fois :C’était Polydamas,‖ le maître d’éloquence ;De quelque période‖ il marquait la cadence,Car il frappait la terre‖ en comptant sur ses doigts ;Notre gladiateur‖ oublia sa prudence :« Salut, maître, » dit-il‖ en élevant la voix.
Le bon Polydamas,‖ qui ne l’attendait guère,Du côté de Paulus‖ se tourna lentement,Et parcourut des yeux‖ le manteau militaire,La cuirasse, le casque‖ et tout le vêtement ;Puis soudain, le vieillard‖ fit un pas en arrière,Pareil au voyageur‖ qui rencontre un serpent !
« Paulus ! S’écria-t-il,‖ quelle métamorphose !« En croirai-je mes yeux ?‖ Est-ce un songe menteur ?« Que veut ce casque énorme‖ et ce fer destructeur ?« Où sont les arguments‖ pour expliquer la chose ?« Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?‖ Qui t’aida ? Quelle cause ?… »Paulus dit simplement :‖ « je suis gladiateur ! »
Il ajouta : « par goût !‖ » ce fut le coup de grâce !« Eheu ! Dit le vieillard,‖ les orateurs s’en vont !« De ses vieux fondements‖ le monde se déplace,« Le corps se prostitue‖ et l’esprit se corrompt !« On bâtira le cirque‖ au sommet du Parnasse ;« Quand nous n’y serons plus,‖ les baladins viendront !
« Qui s’occupe aujourd’hui‖ de faconde et de style ?« Qui sait plier la phrase‖ aux flexibles tissus ?« Ô race dépravée !‖ ô jeunesse imbécile !« Qu’as-tu fait maintenant‖ des préceptes reçus ?« Où vont ces romains-là‖ qui courent par la ville ?« Voir grimacer des nains‖ ou danser des bossus !
« Le lieu des arguments,‖ est-ce le cirque immonde ?« Tullius en cuirasse‖ avait-il combattu ?« Le pathos tombera‖ dans une nuit profonde !« La logique elle-même‖ y perdra sa vertu !…« ‒ Maître, dit l’écolier,‖ je ne sais pas au monde« Syllogisme plus fort‖ qu’un glaive bien pointu ;
« L’escrime est, après tout,‖ la sœur de l’éloquence ;« Qu’on manie une phrase‖ ou qu’on tourne un poignard« C’est de la rhétorique,‖ ô maître, et c’est de l’art ;« Épée ou preuve en main,‖ on recule, on avance ;« Parer ou réfuter,‖ quelle est la différence ?« Je plais par mon aigrette‖ et touche par mon dard !
« Seulement, reprit-il,‖ l’arène est élargie,« Et le cœur bondit mieux‖ sous le baudrier d’or !…« ‒ Mais la gloire, ô mon fils !‖ ‒ la gloire que j’envie,« C’est le vin ! C’est l’amour !‖ Et la joyeuse vie !« L’autre n’est qu’un son creux‖ sur le tombeau d’un mort !« ‒ Eheu ! » dit le vieillard‖ en soupirant plus fort.
De sa main vénérable‖ il se voila la face,Et leva lentement‖ son bras droit vers les cieux ;Longtemps il demeura‖ calme et silencieuxSur les débris de l’art,‖ comme l’homme d’Horace !Puis drapant sa tunique,‖ il sortit de la place,Plus digne et plus posé‖ qu’un exorde pompeux !
‒ Or, le jour approchait‖ où Paulus, sur la scène,Devait paraître aussi‖ pour la première fois ;C’était un grand spectacle ;‖ on avait fait un choixParmi les combattants‖ de la cité romaine ;Un certain Varolus,‖ un affranchi, je crois,Contre ceux de César‖ devant tenir l’arène
Commode alors régnait,‖ ce prince vigoureuxQui, de sa propre main,‖ tua deux tigres, deuxÉléphants, trois lions,‖ six chevaux de rivière ;Commode amazonien !‖ Demi-dieu sur la terre,Dont les titres divins‖ étaient assez nombreuxPour désigner les mois‖ pendant l’année entière !
Il fit par le sénat‖ décréter l’âge d’or,Et prit le nom d’Hercule‖ en s’asseyant au trône !Souvent dans le grand cirque‖ il luttait en personne,Portant avec fierté‖ l’habit du sécutor ;Par douze mille fois‖ il obtint la couronne ;Outre les baladins,‖ le peuple l’aimait fort !
La ville attendait donc‖ la bataille annoncée,Et déjà les paris‖ s’engageaient au hasard,Les uns pour Varolus,‖ les autres pour César,Tandis que des gardiens‖ la cohorte empresséeCouvrait de sable neuf‖ le sol du colysée,Et du dais de Commode‖ étendait le brocart !
Enfin, l’heure sonna :‖ la foule impatienteInonda les gradins‖ et les couloirs obscurs,S’élevant par degrés‖ le long des vastes murs,Ainsi qu’un vin fumeux‖ dans la coupe écumante ;Le soleil, çà et là,‖ sous la toile ondoyante,Comme des flèches d’or,‖ dardait ses rayons purs ;
Les tubes embaumés‖ vomissaient dans l’arène,Par des conduits secrets,‖ la myrrhe et le safran ;On sentait osciller‖ le nuage odorant,Et l’on voyait mêlés,‖ dans chaque loge pleine,Au pétase à longs bords,‖ le capuchon de laine,Et la mitre lascive,‖ au réseau transparent.
Le vaste podium‖ aux barrières solidesPrès du trône éclatant‖ montrait ses places vides,Les vestales, à droite,‖ avaient leur pavillon ;À gauche, Varolus,‖ l’heureux amphitryon :Il saluait la foule‖ avec des airs splendides,Et s’épanouissait‖ de satisfaction.
Les chevaliers couverts‖ de tuniques pareilles,Et sur quatorze rangs,‖ près de l’orchestre assis,Des sièges réservés‖ occupaient les tapis ;Le peuple de la fête‖ attendait les merveilles,Et déjà, se penchant‖ sur les gradins noircis,Bourdonnait dans les airs‖ comme un essaim d’abeilles.
On entendit d’abord‖ les sons capricieuxDe la lyre mêlée‖ aux flûtes de Sicile,Et du milieu du cirque‖ un théâtre mobileSe dressa tout chargé‖ de danseurs gracieux ;Des nuages flottaient‖ autour du chœur agile,Et la scène de loin‖ représentait les cieux :
Sur un autel d’azur‖ paré de blanches toiles,Au centre de la danse‖ éclatait le soleil ;Les astres inconnus‖ ceints d’un bandeau vermeilSe groupaient dans l’espace‖ en agitant leurs voiles ;Les luths sonnaient toujours,‖ et parmi les étoilesSept planètes tournaient‖ en pompeux appareil.
Deux jeunes gens tout nus‖ se suivaient en silence,L’un tenant une flèche,‖ et l’autre une balance ;Entre eux, couvert d’écaille‖ et gonflé de poison,Un troisième rampait‖ ainsi qu’un scorpion ;D’autres venaient, portant‖ la robe de l’enfance,Les cornes d’un bélier‖ ou la peau d’un lion.
Et vous passiez aussi,‖ comètes vagabondes,Secouant dans le ciel‖ vos chevelures blondes,Pleines de poudre d’or,‖ de perles, de saphyrs ;Tout cela tournoyait‖ au souffle des zéphyrs,Et plus joyeusement‖ semblaient rouler les mondes,Quand la flûte amoureuse‖ étalait ses soupirs !
L’olympe disparut ;‖ puis une jeune fille,Belle comme Vénus‖ quand elle sort des flots,Accourut en dansant‖ auprès d’une charmilleOù Silène ronflait‖ étendu sur le dos.Rieuse, elle agitait‖ autour du dieu des potsSa main blanche et légère‖ où sonne une coquille.
Le dieu se réveillait :‖ son œil plein de désirParcourait étonné‖ la nymphe toute nue ;Il se tordait les bras,‖ ne pouvant la saisir,Et, comme un amoureux,‖ il regardait la nue ;Puis tremblant, et la main‖ d’un thyrse soutenue,Il se levait tout droit,‖ retombant à plaisir.
Et le peuple riait.‖ La danseuse lasciveTournant, tournant sans cesse‖ alentour du vieillard,Aiguillonnait ses sens‖ du geste et du regard ;Le spectacle touchait‖ à la scène un peu viveOù l’austère Caton,‖ dans sa pudeur naïve,Abandonnait la place,‖ indigné contre l’art.
Tout à coup un grand bruit‖ ébranla le portique :« L’empereur ! L’empereur !‖ » la foule, en un moment,Se tourna vers la porte‖ avec empressement,Et le sénat, orné‖ du laticlave antique,Le front ceint de lauriers,‖ défilait lentement,Grave, et réglant son pas‖ aux sons de la musique.
Puis venaient les licteurs‖ aux faisceaux éclatants,Puis les prétoriens‖ en large manipulePortant, devant César,‖ les insignes d’Hercule,Les hérauts glapissaient,‖ et tous les assistants,À chacun de ses noms‖ lancés du vestibule,Comme des flots troublés‖ se remuaient longtemps :
« César ! ‒ Aurélius !‖ ‒ Lucius ! ‒ débonnaire ! ‒« Auguste ! ‒ bien-heureux !‖ ‒ gouverneur de la terre ! ‒« Très-grand ! ‒ Britannicus !‖ ‒ invincible ! ‒ romain ! ‒« Hercule ! ‒ généreux !‖ ‒ pontife souverain ! ‒« Vingt fois tribun du peuple !‖ ‒ empereur ! ‒ consulaire ! ‒« Au peuple, aux chevaliers,‖ salut ! » et, dans sa main,
Tenant comme Mercure‖ un riche caducée,Commode enfin parut.‖ Sa tunique plisséeFlottait couleur de pourpre‖ et perlée à son bord,Il avait un manteau‖ tissu de soie et d’or,D’un cercle étincelant‖ sa tête était pressée,Son costume semblait‖ celui d’un sécutor.
« Longue vie à César !‖ » cria la foule immense,Et le vaste empereur,‖ sous son grand pavillon,Comme un dieu couronné,‖ vint s’asseoir en silence ;Sur une chaise d’or‖ préparée à l’avanceOn posa la massue‖ et la peau de lion ;Puis le maître des jeux‖ fit sonner le clairon.
Le théâtre aussitôt‖ disparut de lui-même ;La lutte commençait,‖ et les gladiateursFirent irruption‖ aux yeux des spectateurs :Les deux partis rivaux‖ avaient pris un emblème,Et chacun à l’épaule‖ étalait ses couleurs,Qui le blanc, qui le vert,‖ ‒ l’attente fut suprême !
Du peuple frémissant‖ tomba la grande voix.Je ne vous dirai pas‖ l’adresse, la scienceQue chacun déploya‖ dans cette circonstance,Les coups portés sans cesse‖ et parés mille fois,La grâce des lutteurs,‖ et les glaives de boisQui voltigeaient dans l’air‖ et frappaient en cadence.
Le prélude ordonné‖ se prolongea longtemps :« Du fer ! Du fer ! » hurlait‖ la foule impatiente ;L’escrime s’arrêta ;‖ la trompette bruyanteTordit sa note rauque‖ et ses sons palpitants,Et l’on vit, recouverts‖ d’une armure éclatante,Des groupes opposés,‖ sortir deux combattants !
Celui de Varolus‖ était jeune et rapide,Il s’élançait par sauts,‖ puis rebroussait chemin,Svelte, un poignard aux dents,‖ une corde à la main ;L’autre, fixant sur lui‖ son regard intrépide,Lentement sur le sol‖ posa son pied solide…« Mirax ! » cria le peuple‖ en se levant soudain.
C’était lui ! Le vainqueur !‖ Le héros de la ville !Mirax au bras de fer,‖ au glaive triomphant ;Sans doute il dédaignait‖ son adversaire agile,Lui, vieux gladiateur,‖ en face d’un enfant ;Le jeune homme écumait‖ dans sa rage inutileComme un chacal vorace‖ autour d’un éléphant.
Mirax semblait jouer ;‖ du bout de son épéeIl agaçait son homme‖ et lui piquait la peau ;Déjà le sang vermeil‖ coulait en maint ruisseau,La cuirasse s’ouvrait‖ par le fer découpée,Et de perles de pourpre‖ en mille endroits jaspée,Les semait en courant‖ sur le sable nouveau !
Il fallait en finir‖ avec le rétiaire,Mirax leva son glaive‖ et le pressa plus fort :Les pouces se dressaient‖ pour demander la mort,Mais un cri formidable‖ emplit la salle entière…Mirax, les yeux sanglants,‖ roulait dans la poussière,Tordant son cou nerveux‖ dans le nœud qui le mord.
« Il est pris ! Il est pris !‖ » dit la foule étonnée.Varolus triomphait,‖ l’honneur de la journéeLui semblait garanti‖ par ce coup de bonheur ;La lame flamboyait‖ dans la main du vainqueur,César était muet,‖ la mort fut ordonnée ;Mais Mirax se dressa‖ de toute sa hauteur !
Il fut calme et sublime,‖ en cet instant suprême,Et leva sur la foule‖ un regard assuré :« Pourquoi trembler ? Dit-il‖ au rétiaire blême,« C’est le peuple, ô mon fils !‖ Et j’étais préparé ;« Il aime à voir tomber‖ qui porte un diadème,« Et se venge à sa mort‖ de l’avoir admiré ! »
Alors jetant au loin‖ sa cuirasse pesante,Il tendit son cou nu‖ sous l’acier du poignard,Puis, tourné vers la foule,‖ et d’une voix puissante :« Frappe, enfant ! Cria-t-il,‖ et salut à César !… »Le sang jaillit à flots‖ par la gorge béante,Et Mirax se souvint‖ de tomber avec art !
Un homme ayant au front‖ les ailes de Mercure,Du bout de son fer chaud‖ vint lui toucher le corps,La chair en frémissant‖ cria sous la brûlure,Mais l’ombre de Mirax‖ voyageait chez les morts ;Avec le croc d’usage‖ on le tira dehors ;Sur le sable rougi‖ traînait sa chevelure.
Un nouveau combattant‖ aux couleurs de CésarS’élança tout armé‖ quand l’arène fut vide ;Son aigrette flottait‖ ainsi qu’un étendard ;L’œil rempli d’un feu sombre‖ et la face livide,Il regarda longtemps‖ fumer le sable humide,Et, se courbant à terre,‖ y trempa son poignard.
Il semblait jeune encore ;‖ une belle tournure,La taille vigoureuse‖ et flexible à la fois ;Un sein large battait‖ sous sa cuirasse dure,Son pied ferme était pris‖ dans le soulier gaulois,Et de sa longue épée‖ à riche ciselureLe pommeau garni d’or‖ luisait entre ses doigts…
C’était un inconnu.‖ La paupière baissée,Il semblait éviter‖ les regards curieux ;Un gladiateur thrace,‖ à la taille élancée,S’avançait contre lui‖ d’un pas audacieux ;La lutte s’engagea,‖ furibonde, insensée,Et les glaives croisés‖ étincelaient aux yeux.
Ce n’était plus le jeu,‖ ce n’était plus la grâce,Mais un combat farouche,‖ un sombre tourbillon,Où, pour frapper au cœur,‖ le fer cherche sa place,Où chaque combattant‖ rugit comme un lion ;La poussière autour d’eux‖ voltigeait dans l’espace ;Un silence de mort‖ planait sur l’action.
On entendait les coups‖ sonner, comme en automneLa grêle sur les murs ;‖ le peuple, pour mieux voir,Se penchait, palpitant‖ de terreur et d’espoir ;César tout ébloui‖ se tordait sur son trône :« Aux mânes de Mirax !‖ » dit une voix qui tonne ;Et le thrace tomba‖ dans les flots d’un sang noir !
Le vainqueur attendit‖ un second adversaire ;Ses yeux fauves brillaient‖ comme un feu dans la nuit,Son glaive ruisselant‖ dégouttait sur la terre,Et de la populace‖ il écoutait le bruit ;Un samnite parut‖ et mordit la poussière,Puis un troisième encore,‖ et d’autres après lui.
Six fois le croc de fer‖ s’abattit sur l’arène,Six fois le cri d’adieu‖ salua l’empereur,Et, comme un moissonneur‖ qui fauche dans la plaine,L’inconnu sur son front‖ essuyait la sueur,Puis il vida d’un trait,‖ pour calmer son ardeur,De cendre et d’eau tiédie‖ une patère pleine.
On vit en même temps‖ un spectacle inouï :Commode l’empereur‖ franchit la balustrade,Et lui-même au jeune homme‖ il donna l’accolade :« Grâce à toi, cria-t-il,‖ je triomphe aujourd’hui !« Tu peux de mes faveurs‖ essayer l’escalade,« Comme tu fus le mien,‖ je serai ton appui. »
Il saisit la couronne‖ aux longs rubans de laineEt voulut la poser‖ sur le front du vainqueur ;Le léger tambourin,‖ la flûte lydienneJetaient leur note grêle‖ à l’immense clameur :« Son nom ! » criait le peuple‖ en respirant à peine ;Le héraut répondit :‖ « c’est Paulus le rhéteur ! »
« C’est Paulus ! » à ce nom‖ qui sur la foule plane,Deux cris longs et perçants‖ montèrent vers les cieux :L’un partait de l’orchestre‖ où va la courtisane,Et l’autre des gradins‖ ornés de lits soyeuxOù, sous le blanc réseau‖ d’un voile diaphane,La matrone se cache‖ aux regards envieux.
Versification
- Forme
- 125 sizains (strophes variées)
- Rimes
- 33(ababab) 18(aabbab) 21(abbaba) 41(abbaab) 9(ababba) 3(abaabb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 125 sizains
- Mots à la rime
- a fantastique / magnifique / antique féminine, classiqueb levant / vent / devant masculine, classiquea paresses / ivresses / caresses féminine, classiqueb tard / hasard / regard masculine, classiquea présume / s’allume / brume féminine, classiqueb d’abord / dort / d’or masculine, classiquea purpurines / collines / fines féminine, classiqueb arceaux / inégaux / eaux masculine, classiquea connus / nus / Uranus masculine, classiqueb sublimes / cimes / abîmes féminine, classiquea murmure / nature / impure féminine, classiqueb senteurs / fleurs / pasteurs masculine, non classiquea inquiètes / gouttelettes / poëtes féminine, classiqueb plier / gravier / entier masculine, classiquea paraître / peut-être / reconnaître féminine, classiqueb poudreux / cieux / furieux masculine, classiquea Julienne / haleine / pleine féminine, classiqueb côtés / précipités / clartés masculine, classiquea roses / closes / choses féminine, classiqueb chemins / mains / humains masculine, classiquea Paulus / plus / perclus masculine, classiqueb finie / engourdie / vie féminine, classiquea tavernes / ternes / lanternes féminine, classiqueb bruit / réduit / nuit masculine, classiquea vermeilles / d’abeilles / oreilles féminine, classiqueb moment / confusément / mouvement masculine, classiquea abois / pois / doigts masculine, classiqueb Flore / amphore / sonore féminine, classiquea maléfice / d’artifice / complice féminine, classiqueb pamoison / l’occasion / vermillon masculine, classiquea inconnue / rue / vue féminine, classiqueb destins / incertains / jardins masculine, classiquea solitaire / terre / paupière féminine, classiqueb fleuris / cris / esprits masculine, classiquea images / feuillages / d’orages féminine, classiqueb fureur / couleur / malheur masculine, classiquea venger / danger masculine, classiqueb hyperboles / rôles / écoles féminine, classiquea manger / cité masculine, classiquea Staphyle / sibylle / difficile féminine, classiqueb vérité / hanté masculine, classiquea réflexion / exclamation / poisson masculine, classiqueb intervalles / gutturales / sandales féminine, classiquea terre / distraire / misère féminine, classiqueb curiosité / calamité masculine, classiqueb naïveté / forcenés masculine, classiquea riche / postiche / chiche féminine, classiqueb tournés / nez masculine, classiquea tunique / comique / magnifique féminine, classiqueb art / César / l’écart masculine, classiquea personnage / sage / visage féminine, classiqueb demi / affermi / ami masculine, classiquea homme / somme / Rome féminine, classiqueb bras / combats / pas masculine, classiquea gage / l’avantage / voyage féminine, classiqueb demain / incertain / main masculine, classiquea face / grimace / grâce féminine, classiqueb deux / bleus / dieux masculine, classiquea ouverture / nature / sépulture féminine, classiqueb puissant / frémissant / sang masculine, classiquea puissance / l’espérance / immense féminine, classiqueb terrassé / passé / glacé masculine, classiquea esclaves / laves / entraves féminine, classiqueb moi / froid / roi masculine, classiquea sublime / décime / abîme féminine, classiqueb beau / troupeau / tombeau masculine, classiquea tendresses / ivresses / caresses féminine, classiqueb encor / sort / mort masculine, classiquea gonflée / ébranlée / désolée féminine, classiqueb ébloui / lui / ennui masculine, classiquea fière / père / terre féminine, classiqueb amour / tour / jour masculine, classiquea difficile / l’édile / tranquille féminine, classiqueb regard / César / cuissard masculine, classiquea terme / ferme / l’épiderme féminine, équivalenteb logicien / bien / historien masculine, classiquea fortune / commune / tribune féminine, non classiqueb fort / d’abord / effort masculine, classiquea d’usage / visage / l’avantage féminine, classiqueb assidus / nus / reconnus masculine, classiquea intrépide / trifide / rapide féminine, classiqueb ondoyant / diligent / d’argent masculine, classiquea singulière / paupière / ordinaire féminine, classiqueb plongeur / rhéteur / gladiateur masculine, classiquea crainte / feinte / contrainte féminine, classiqueb s’envola / Staphyla / costume-là masculine, classiquea l’école / Gaule / folle féminine, classiqueb germain / vin / main masculine, classiquea encore / sonore / ignore féminine, non classiqueb sérieux / deux / dieux masculine, classiquea aventure / serrure / armure féminine, classiqueb fermé / enflammé / aimé masculine, classiquea fidèle / prunelle / t’appelle féminine, classiqueb encor / d’or / mort masculine, non classiquea placée / pensée / amassée féminine, classiqueb Lateranus / perdus / éperdus masculine, non classiquea paupières / pierres / prières féminine, classiqueb triomphant / enfant / étouffant masculine, classiquea difficile / l’édile / docile féminine, classiqueb nain / main / d’airain masculine, classiquea fière / arrière / litière féminine, classiqueb pas / là-bas masculine, classiquea palpitant / entend / tant masculine, classiqueb j’adore / encore / l’ignore féminine, classiquea ville / l’édile / bile féminine, classiqueb furieux / dieux / mieux masculine, classiquea tablettes / promettes / inquiètes féminine, classiqueb nom / profond / bond masculine, classiquea parole / l’épaule / capitole féminine, classiqueb humains / chemins / bains masculine, classiquea sages / rivages / feuillages féminine, classiqueb murmurants / enivrants / torrents masculine, classiquea faire / nécessaire / terre féminine, classiqueb appas / repas / pas masculine, classiquea poëte / complète / discrète féminine, classiqueb barbus / plus / Phallus masculine, classiquea vestibule / cellule / d’Hercule féminine, non classiqueb côtés / incrustés / clartés masculine, classiquea mosaïques / magnifiques / stoïques féminine, classiqueb corridors / dehors / trésors masculine, classiquea platanes / courtisanes / diaphanes féminine, classiqueb patins / jardins / pleins masculine, classiquea vue / étendue / avenue féminine, non classiqueb mort / encor / d’or masculine, classiquea souveraine / laine / pleine féminine, non classiqueb charmant / doucement / vent masculine, classiquea passage / coquillage / sauvage féminine, classiqueb yeux / amoureux / cieux masculine, classiquea litière / entière / pierre féminine, classiqueb assistants / longtemps / flottants masculine, classiquea nue / abattue / venue féminine, non classiqueb lui / ennui / nuit masculine, classiquea péristyle / difficile / utile féminine, classiqueb passa / Musa / trépassa masculine, classiquea étuves / effluves / cuves féminine, classiqueb gardien / rien / phrygien masculine, classiquea gazelle / ruisselle / zèle féminine, classiqueb d’or / d’abord / fort masculine, classiquea baignoire / gloire / d’ivoire féminine, classiqueb cheveux / feux / précieux masculine, classiquea étincelants / enfants / d’éléphants masculine, classiqueb âtre / folâtre / Cléopâtre féminine, classiquea génie / calomnie / momie féminine, non classiqueb virilité / médiocrité / beauté masculine, classiquea blonde / profonde / monde féminine, non classiqueb captieux / glorieux / yeux masculine, classiquea d’Hippocrate / rate / dilate féminine, classiqueb ressorts / corps / forts masculine, classiquea fournie / toupie / étourdie féminine, classiqueb d’espoir / devoir / noir masculine, classiquea poli / établi / pâli masculine, classiqueb splendide / pyramide / rapide féminine, classiquea fois / doigts / voix masculine, classiqueb d’éloquence / cadence / prudence féminine, classiquea guère / militaire / arrière féminine, classiqueb lentement / vêtement / serpent masculine, classiquea métamorphose / chose / cause féminine, classiqueb menteur / destructeur / gladiateur masculine, classiquea grâce / déplace / Parnasse féminine, classiqueb vont / corrompt / viendront masculine, classiquea style / imbécile / ville féminine, classiqueb tissus / reçus / bossus masculine, classiquea immonde / profonde / monde féminine, classiqueb combattu / vertu / pointu masculine, classiquea l’éloquence / avance / différence féminine, classiqueb poignard / l’art / dard masculine, classiquea élargie / j’envie / vie féminine, classiqueb d’or / mort / fort masculine, classiquea face / d’Horace / place féminine, classiqueb cieux / silencieux / pompeux masculine, équivalentea scène / romaine / l’arène féminine, classiqueb fois / choix / crois masculine, équivalentea vigoureux / deux / nombreux masculine, classiqueb rivière / terre / entière féminine, classiquea d’or / sécutor / fort masculine, classiqueb trône / personne / couronne féminine, classiquea annoncée / empressée / colysée féminine, classiqueb hasard / César / brocart masculine, classiquea impatiente / écumante / ondoyante féminine, classiqueb obscurs / murs / purs masculine, classiquea l’arène / pleine / laine féminine, classiqueb safran / odorant / transparent masculine, classiquea solides / vides / splendides féminine, classiqueb pavillon / amphitryon / satisfaction masculine, classiquea pareilles / merveilles / d’abeilles féminine, non classiqueb assis / tapis / noircis masculine, classiquea capricieux / gracieux / cieux masculine, classiqueb Sicile / mobile / agile féminine, classiquea toiles / voiles / étoiles féminine, classiqueb soleil / vermeil / appareil masculine, classiquea silence / balance / l’enfance féminine, classiqueb poison / scorpion / lion masculine, classiquea vagabondes / blondes / mondes féminine, classiqueb saphyrs / zéphyrs / soupirs masculine, classiquea fille / charmille / coquille féminine, classiqueb flots / dos / pots masculine, classiquea désir / saisir / plaisir masculine, classiqueb nue / soutenue féminine, classiquea lascive / vive / naïve féminine, classiqueb vieillard / regard / l’art masculine, classiquea portique / antique / musique féminine, classiqueb moment / empressement / lentement masculine, classiquea éclatants / assistants / longtemps masculine, classiqueb manipule / d’Hercule / vestibule féminine, classiquea débonnaire / terre / consulaire féminine, classiqueb romain / souverain / main masculine, classiquea caducée / plissée / pressée féminine, classiqueb bord / d’or / sécutor masculine, classiquea immense / silence / l’avance féminine, classiqueb pavillon / lion / clairon masculine, classiquea lui-même / emblème / suprême féminine, non classiqueb gladiateurs / spectateurs / couleurs masculine, classiquea voix / fois / bois masculine, classiqueb science / circonstance / cadence féminine, classiquea longtemps / palpitants / combattants masculine, équivalenteb impatiente / bruyante / éclatante féminine, classiquea rapide / intrépide / solide féminine, classiqueb chemin / main / soudain masculine, classiquea ville / agile / inutile féminine, classiqueb triomphant / enfant / éléphant masculine, classiquea épée / découpée / jaspée féminine, classiqueb peau / ruisseau / nouveau masculine, classiquea rétiaire / entière / poussière féminine, classiqueb fort / mort / mord masculine, classiquea étonnée / journée / ordonnée féminine, classiqueb bonheur / vainqueur / hauteur masculine, classiquea suprême / blême / diadème féminine, classiqueb assuré / préparé / admiré masculine, classiquea pesante / puissante / béante féminine, classiqueb poignard / César / art masculine, classiquea Mercure / brûlure / chevelure féminine, classiqueb corps / morts / dehors masculine, classiquea César / étendard / poignard masculine, classiqueb vide / livide / humide féminine, classiquea tournure / dure / ciselure féminine, classiqueb fois / gaulois / doigts masculine, classiquea baissée / élancée / insensée féminine, classiqueb curieux / audacieux / yeux masculine, classiquea grâce / place / l’espace féminine, classiqueb tourbillon / lion / l’action masculine, classiquea automne / trône / tonne féminine, classiqueb voir / d’espoir / noir masculine, classiquea adversaire / terre / poussière féminine, classiqueb nuit / bruit / lui masculine, non classiquea l’arène / plaine / pleine féminine, classiqueb l’empereur / sueur / ardeur masculine, classiquea inouï / aujourd’hui / appui masculine, classiqueb balustrade / l’accolade / l’escalade féminine, classiquea laine / lydienne / peine féminine, classiqueb vainqueur / clameur / rhéteur masculine, classiquea plane / courtisane / diaphane féminine, classiqueb cieux / soyeux / envieux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.3
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
750 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Melænis : conte romains, Paris, M. Levy, 1857· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources