Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Deuxième partie
A mes jeunes camarades
AUX ÉQUIPIERS DU CLUB NAUTIQUE DE CHATOU
Jadis, le Seine était‖ verte et pure à Saint-Ouen,Et, dans cette banlieue‖ aujourd’hui sale et rêche,J’ai canoté, j’ai même‖ essayé de la pêche.Le lieu semblait alors‖ champêtre. Que c’est loin !
On dînait là. Le beurre,‖ au cabaret du coin,Était rance, et le vin‖ fait de bois de campêche.Mais les charmants retours,‖ sur l’eau, dans la nuit fraîche,Quand, sur les prés fauchés,‖ flottait l’odeur du foin !
Oh ! quels vieux souvenirs‖ et comme le temps marche !Pourtant je vois encor‖ le couchant, sous une arche,Refléter ses rubis‖ dans les flots miroitants.
Amis, embarquez-moi‖ sur vos bateaux à voiles,Par un beau soir, à l’heure‖ où naissent les étoiles,Afin que je revive‖ un peu de mes vingt ans.
Novembre 1903.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Saint-Ouen / loin masculineb rêche / pêche fémininec coin / foin masculined campêche / fraîche fémininee marche / arche fémininef miroitants / ans masculineg voiles / étoiles féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources