Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Première partie
L’armure
(D’APRÈS LE TABLEAU DE VOLLON)
Pour un homme de taille énorme,Droite sur son piquet de bois,L’armure éclatante et difformeParle des héros d’autrefois.
Certe, il était d’une autre race,Celui qui, sans plier le dos,Sous le poids de cette cuirasse,Combattait Talbot ou Chandos.
Parmi les belliqueux vacarmes,Sur ce farouche morionL’estoc lourd et le fléau d’armesFaisaient pleuvoir maint horion,
Sans que le cheval d’Aquitaine,Que des jambarts doublés de cuirÉtreignait le bon capitaine,Se retournât jamais pour fuir.
Vieille armure ! les épopéesSont loin, où par toi l’on vainquait.Bayard, après cent coups d’épées,A péri d’un coup de mousquet.
Tu peux, bric-à-brac et ferraille,Plaire encore à quelque rapin ;Mais cependant l’artiste railleSans le vouloir, quand il te peint,
Et, dans ce gouffre noir et videQu’on voit par le brassard absent,Montre que sous l’acier livideAucun cœur ne bat à présent.
1875.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a énorme / difforme féminineb bois / d’autrefois masculinea race / cuirasse féminineb dos / Chandos masculinea vacarmes / d’armes féminineb morion / horion masculinea d’Aquitaine / capitaine féminineb cuir / fuir masculinea épopées / d’épées féminineb vainquait / mousquet masculinea ferraille / raille féminineb rapin / peint masculinea vide / livide féminineb absent / présent masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources