Poésie de Charles coran, 1887· De 1867 a 1869
Impénitence finale
Chansonnier qu’Amour, mon patron,Mit sans égards à la retraite,Taisons-nous : l’âge rend poltron,Pour un rien mon docteur me traite ;Ne faisons pas le fanfaron.
Ah ! c’est égal, quel grand dommageQue d’arrêter le joli trainDes rendez-vous au gai ramage !Halte-là ! monsieur mon chagrin,Chantez selon votre plumage.
Mais faudrait-il, contrit pécheur,Bannir le nom de mes maîtresses,Et, devenu mauvais coucheur,Damner l’alcôve des déessesQui ne m’ouvre plus sa blancheur ?
Non, je hais un barbon maussade ;Je soupçonne à son âpretéDes dérèglements de passade.L’homme austère aurait-il hantéLes gros numéros de façade ?
Femmes, êtres sacrés et doux,Je conserve vos alliances ;Que dis-je ! en passant près de vous,Si j’écoutais mes défaillances,Je tomberais à vos genoux.
Inédit.
25 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources