Poésie de Charles coran, 1887· De 1873 a 1878
Nosce te Ipsum
Aux petits-maîtres.
Artiste, apprends à te connaître :Te trouvant fin plutôt que fort,Reste un délicat petit-maîtrePour te survivre après la mort.
Aux Ictinus laisse les temples :Que rêves-tu d’un Parthénon ?Excelle en des œuvres moins amples ;Marque un lécythe de ton nom.
Aux Phidias Minerve armée !Du colossal quel goût te prend ?Sculpte-nous l’Amour en camée ;Le dieu mignon te rendra grand.
A Michel-Ange sied la fresque :Crains de tremper dans ses couleurs.Toi, d’un blaireau féminin presque,Triomphe à modeler des fleurs.
A Beethoven la symphonie !Que souffles-tu dans ses clairons ?Mets en nocturnes ton génie,Et, charmés, nous te chanterons.
Artiste, apprends à te connaître :Te trouvant fin plutôt que fort,Reste un délicat petit-maîtrePour te survivre après la mort.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources