Poésie de Charles coran, 1887· De 1873 a 1878
Un passe-droit
A une dame pieuse.
Vous opposez l’enfer à qui doute des cieux,Noble cœur dont l’Église obscurcit la justice !Ainsi j’aurai vécu dépouillé d’artifice,Zélateur adorant le seul vrai radieux ;
Et pour avoir cherché sans trouver aucuns dieux,Par toi conduit pourtant, Nature, ô ma nourrice,J’irai, mon jour venu, payer d’un noir suppliceL’amour de la lumière, au fond des sombres lieux !
Mais non ; contre Satan votre cœur se rebelle :J’irai, vous l’avez dit, où va toute âme belle.Eh bien, j’abuserai de votre sauf-conduit :
Que tous les égarés qui couraient à leur perte,Pénétrant, sur mes pas, par la porte entr’ouverte,Se sauvent dans le ciel, de l’éternelle nuit !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources