Poésie de Charles coran, 1887· De 1867 a 1869
Paysage
J’ai découvert un toit fumant sur l’horizon :Une vache au poil roux broute l’herbe à mi-pente,Plus bas un ruisseau vert sous les saules serpente,Une laveuse étend ses draps dans le gazon ;
Le déjeuner doit cuire au feu de la maison.Hâté par l’appétit, mon pas plus prompt arpente.J’atteins le frais tableau, mais pour qu’il m’en repenteLe ruisseau devient mare où l’onde est un poison ;
Sur des ronces le linge en guenilles fait tache ;Point de lait dans le pis desséché de la vache.J’entre pour demander place au commun repas :
Deux vieillards sans couleur, dévorés par les fièvres,Approchent un brouet repoussant de leurs lèvres.— Que d’espoirs m’auront pris à de pareils appâts !
1859.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources