Poésie de Charles coran, 1887· De 1873 a 1878
Poetæ minores
A Emmanuel des Essarts.
Soyez peintre en petit, de valeur passagère,Tantôt mythologique et tantôt baladin ;Moins encore, imitez des fruits après Chardin :La vogue s’y vient prendre, et l’on vous exagère.
Mais soyez un poète aussi d’humeur légère ;Rendez, comme l’artiste et sur un ton badin,Les nymphes, les plaisirs, même un fruit de jardin :Votre œuvre, pour beaucoup, reste chose étrangère.
Viens consoler la muse, éloquent des Essarts ;Rimeur toi-même, accorde au moins gâté des artsQue la peinture en vers veut qu’un goût fin la prise,
Et que celle en couleur, dont le tableau galantSur le mur d’un salon donne un effet meublant,Plaît, pour qui sait payer, sans même être comprise.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources