Poésie de Charles coran, 1887· De 1867 a 1869
Toujours
A Paul Mariéton
Du plus constant au plus frivole,Chacun débute en ses amoursPar le serment d’aimer toujours,Et chacun se croit sur parole ;
Car il faut à ce charmant jeu,Comme aux lignes d’un paysage,Un horizon où l’esprit nageDans l’espace vaguement bleu.
Par delà le domaine arableLes yeux aiment un fond d’azurOù promener dans l’éther purLe goût de l’incommensurable.
Au lointain de la voluptéLes serments bleuissent de même ;Leur toujours, fût-il un blasphème,Flatte un besoin d’immensité.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources