Poésie de Charles coran, 1887· Ironies
A un élégiaque
L’onde qui coule chante, et ne sait plus se taire…Vous qui mettez en vers la musique des eaux,Barde coulant, puisez partout : dans les ruisseaux,Dans l’étang du vieux parc, dans le lac solitaire,
Dans les sources aussi des grottes de la terre.Puis, prenez la rosée aux branches des berceaux,Et les larmes d’amour aux yeux des jouvenceaux,Et l’eau des bénitiers au seuil du monastère.
Vous possédez alors un réservoir de bruitQue sa loi naturelle à cadencer conduit ;Libre à vous d’en tirer des strophes par centaine.
Penché sur le bureau de votre cabinet,Aux sons mélodieux ouvrez le robinet :J’entends sur le papier le chant d’une fontaine.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources