Poésie de Charles coran, 1887· Ironies
La goutte d’encre
On y tient à ces chairs que la fin décompose.L’infecte abjection du fatal dénouementS’évite avec de l’or par un embaumement ;Entre l’homme et le ver la drogue s’interpose.
Momie, on sort vidé de sa métamorphose.Le chimiste appelé pour l’accommodementInsère, où circulait la vie, un condiment ;Mais la peau vous demeure, et c’est bien quelque chose.
Étalez là-dessus les crachats, votre orgueil,Et, garanti de l’air sous le plomb du cercueil,Devenez immortel, ne fussiez-vous qu’un cancre.
C’est ainsi que les ducs, et qu’ainsi les prélatsSe gardent épicés, en habits de galas.— Chansons, conservez-moi dans une goutte d’encre !
D. É.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources