Poésie de Charles coran, 1887· Ironies
Prise de congé
L’Amour a son théâtre où le destin nous mèneDes gaîtés de Thalie aux pleurs de Melpomène ;Mais toujours sur la scène on occupe un emploiDont le rang est réglé par ce qu’on porte en soi :L’acteur a-t-il reçu du ciel en apanageLes grands instincts, il joue un premier personnage.Que s’il naquit banal, du ciel déshérité,Il passe au dernier plan, vulgaire utilité.— Dame que j’attirais vers les rôles d’altesses,Que ne comptais-je avec vos froides petitesses !Petite par l’esprit, petite par le cœur,Comparse aux jolis yeux, figurez dans le chœur.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources