Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
XVIII. Coiffure
Janvier 1864.
Tu perdais tes cheveux, j’ai compris ta douleur :Mais vois donc de nouveau leur forêt dans sa force,Tel un chêne opulent, vigoureux sous l’écorce,S’effeuille au vent du nord, puis reprend son ampleur.
Ce soir tu danseras. — J’ai mandé ton coiffeur ;Félix va revenir tresser la natte torseEt piquer une rose en innocente amorce ;Pour attirer les yeux, passons-lui cette fleur !
Qu’en ses constructions, artiste, il se délecte !Il dit vrai : bien coiffer prouve un bon architecte ;Rendons, oui, rendons grâce au talent de ses fers,
Car ma gaîté se règle aujourd’hui sur la tienne ;Mais, quel que soit l’effet que le coiffeur obtienne,Combien mieux ton grand cœur t’embellit dans ces vers !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources