Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
Mon père
A ma fille,A. C
Parmi nos portraits de familleTa préférence, avec raison,Choisirait le petit garçonDebout devant une charmille.Son costume est d’un jardinier,A la main il tient une rose ;Un choix de fleurs dans un panierPrès de lui sur un banc repose.Nous l’admirons, ce beau PoucetPotelé, le cou sans cravate ;Il a sept ans, le portrait dateDe mil sept cent quatre-vingt-sept.Maintenant, dessous la peinture,Dans sa chambre un beau sage assis,Bien cravaté, fait la lectureEn mil huit cent soixante-six.C’est l’original et mon père,C’est le plus vert des bons papas ;S’il se dit vieux, ne le crois pas :On est jeune tant qu’on sait plaire.Comprends-tu que le cher coquetReste du temps de son enfance ;Du petit qui porte un bouquetIl garde même la prestance,Pour offrir à tes descendantsUn échantillon de l’étoffeDe ce grand passé philosopheAuquel nos saints montrent les dents.
1866. D.É.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources