Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
XVII. « Tombant je ne sais d’où, que l’or me le permette »
LE MIEL
Décembre.
Tombant je ne sais d’où, que l’or me le permette,J’irai goûter le miel sur les flancs de l’Hymette.Est-il vrai que l’abeille, éloquente en ces lieux,Inventa pour Platon un mode harmonieux ?J’entends coller ma bouche à ces ruches sacrées,Et, Gaulois, leur devoir des lèvres inspirées ;Mais, sensuel aussi, je goûterai le mielPar amour des produits récoltés sous ce ciel ;Et si le blond gâteau que la Muse nous vante,Lentement savouré, répond à mon attente,Je veux chanter l’abeille et l’appeler ta sœurEt pour flatter le miel lui trouver ta douceur.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources