Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
I. Consolation
Août 1862.
C’était un lourd fardeau, mais valant son poids d’or.Quand ces cheveux, le soir, échappaient à l’écaillePour ruisseler en flots mordorés sur ta taille,Combien je t’admirais sous ton pesant trésor !
Sois calme, ils reviendront, plus lourds peut-être encor :De ton filet soyeux ils briseront la maille,Ils se révolteront contre la toque en paille ;Tu te plaindras un jour de leur nouvel essor.
Cependant ta jeunesse eut là son diadème,Et l’orgueil paternel s’en décorait lui-même.Ils tombent… pour un temps les grâces vont chômer ;
Mais il reste à ton front l’éclat d’une âme bonne :Je veux de tes douceurs te faire une couronne ;Mes vers enseigneront le besoin de t’aimer.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources