Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
II. Le Louvre
Septembre.
Où l’art est naturel un enfant le découvre.Souvent je t’emmenais toute petite au Louvre :Raphaël, ce témoin du lever de Jésus,Te montrait une mère à toi qui n’en as plus ;Marie ouvrant les bras, tu te croyais sa fille,Ton innocence entrait dans la Sainte Famille.Puis devant Solari, dont la Vierge au coussinSort pour le bambino le bouton de son sein,Tes regards affamés imploraient la peinture,Ton instinct réclamait ta part de nourriture.« Ah ! du moins, murmurais-je, invoquant le tableau,Nourris cette orpheline aux exemples du Beau ! »— Mais de loin, le Vinci t’indiquait la MadoneAttentive aux ébats du dieu qui s’abandonne ;Vers elle tu courais le divertir aussi ;Tu jouais avec Christ. — Goûte donc Solari,Adore Léonard, que Raphaël t’impose :Leurs Vierges remplaçaient ta mère qui repose.
D. É.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources