Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
XV. Famille
Octobre.
Je serai grand-papa pour mes derniers dimanches ;Oh ! mais, que tes petits m’aiment en robes blanches !Quand le déclin fatal assombrit les aïeux,Que l’enfance du moins rayonne sous leurs yeux !Volupté des vieillards, dernier droit d’être tendre,Amour des nouveau-nés, quels bras je vais vous tendre !Du soin de les bercer je retiens les soucis.Contre leurs feux de dents recours à mes récits ;Ces hochets fabuleux qui t’en donnaient à croireRaviront tes enfants aux douleurs de l’ivoire.Puis, il faudra passer par les mains de ces fous.Et me laisser confondre avec leurs vrais joujoux.Cheval sur un lapis, je veux me sentir battre ;Les vois-tu m’enfourcher ? j’aurai l’air d’Henri Quatre.Mais quel salaire aussi, quand, pour toucher mes dûs,J’attacherai ma bouche à leurs chignons dodus !
D. É.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources