Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
XIV. Une fille
Septembre.
J’ai prévu des garçons ; mais que vienne une fille,A cette perle ouvrons notre écrin de famille.Toi, l’orfèvre, entreprends un travail lent et finOù celle qui doit plaire atteindra cette fin.Il s’agit d’une épouse à former : jeune mère,Méprise sans faiblir la dorure éphémère ;L’éclat du faux séduit, tenons-le pour peu sûr ;Fidèle à la franchise, incruste dans l’or pur.Rehausse ton enfant, mais selon sa nature :Que la grâce des fleurs t’inspire une monture ;Tu verras ton bijou briller dans ce chaton,Vrai comme un simple lis qui sort de son bouton.
Et plus tard, quand ta fille, épouse de la veille,Entre ton gendre et toi videra sa corbeille,Lui, regardant sa femme, et non pas les colliers,Trouvera que la mère en remontre aux joailliers.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources